Politique & société

Harcèlement de rue : le dispositif « Où est Angela » débarque à Besançon

Après s'être installé dans plusieurs villes de France, le dispositif "où est Angela" débarque à Besançon à compter du 25 novembre. Celui-ci propose une aide à quiconque se sentant en danger, en offrant un lieu refuge : les commerces de Besançon.


Charlotte Trivès
Le 3 septembre 2022 à 13h40

Angela arrive à Besançon ! Euh, mais c’est qui Angela ? 

Pas qui, mais plutôt quoi. Le dispositif où est Angela arrive dans la ville de Besançon, à partir du 25 novembre

Xavier Racine, gérant du Kilarney Pub, est l’un des des premiers commerçants à avoir répondu présent pour participer à ce dispositif. Il nous aide à mieux comprendre ses enjeux. « Ce dispositif permettra d’identifier clairement les lieux dans lesquels chaque personne ne se sentira pas étrangère, mais soutenue, secourue. Quiconque se sent importuné (et plus) dans la rue doit pouvoir trouver une aide, un réconfort dans un lieu protégé tel qu’un commerce », explique-t-il.

Mais alors, en quoi Angela peut sauver des vies ? 

Tout simplement car elle offre une oreille attentive, un lieu refuge, en donnant la parole à quelconque victime, sans jugement, seulement de la bienveillance.

Quels sont ces lieux et comment les reconnaître ? 

Ce sont des commerçants, implantés dans la ville de Besançon et ayant répondu présent au dispositif. Ils sont déjà une quarantaine et seront reconnaissables par une affiche ou un sticker sur leur vitrine. 

La ville de Besançon affirme qu’il est encore temps pour les commerçants de se manifester pour prendre part à ce dispositif. « J’espère que de nombreux commerces et autres organismes participeront à ce dispositif afin que la recherche d’un refuge ne soit pas un facteur supplémentaire de stress et que le lieu le plus proche soit salutaire », poursuit Xavier Racine.

Et après ? 

Et après, il suffit de demander Angela pour que le commerçant soit en capacité de mettre la personne en sécurité, appeler un taxi, la police…

Les commerçants suivront une formation de sensibilisation animée par le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF), leur permettant d’anticiper au mieux les signes et réagir de façon adéquate à une situation d’urgence

« La formation proposée nous permettra de mieux réagir à l’avenir, de savoir quelle option utiliser, quelle proposition faire à la personne, ce qui sera un plus non négligeable pour la personne accueillie », détaille le gérant du Kilarney Pub.

La ville de Besançon, entièrement mobilisée

Ce projet est porté par la ville de Besançon, en partenariat avec le CIDFF, sans oublier évidemment l’union des commerçants de Besançon.

« Où est Angela ? » avait été lancé en 2017 au Royaume-Uni. Il a ensuite été repris par un collectif féministe étudiant basé sur Rouen, pour finalement s’installer dans de nombreuses villes françaises comme Bordeaux, Lyon, Rouen ou encore Nice. 

Un dispositif arrivant à pic à Besançon, encore à vif des deux féminicides du début d’année que seules quelques semaines séparaient. Rappel : 122 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2021, selon un bilan de l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple par le ministère de l’Intérieur. Pour lutter, la ville de Besançon avait également instauré un service de prévention dans les bus en 2021. Après 21 h, la descente entre deux arrêts est autorisée.



Charlotte Trivès