Sports

Handball, Aïssatou Kouyaté (ESBF) : « J’ai vécu la compétition à fond, on ne sait jamais si ça se reproduira »

Orlane Lachat
Le 13 janvier 2021 à 10h00, mis à jour le 6 février 2021 à 2h58

Aïssatou Kouyaté, joueuse du club de handball féminin bisontin, évoque ses débuts en championnat avec l'équipe de France.

Solide arrière droite de l’Entente Sportive Bisontine Féminin (ESBF) depuis 2017, Aïssatou Kouyaté revient sur le championnat d’Europe de handball féminin qui se déroulait en décembre dernier au Danemark. Les Bleues, aussi appelées « Les Battantes », et détentrices du titre en 2018, s’inclinent en finale face à la Norvège (20-22).

Vous comptabilisez sept sélections avec l’équipe de France. Comment était l’ambiance au sein du groupe ?

Même si ce sont mes débuts avec cette équipe, je connaissais pas mal de filles pour avoir déjà joué avec elle en club. Ça se passait très bien toutes ensemble et le fait d’être deux du même club, ça facilite aussi sûrement un peu les choses. (Chloé Valentini, évoluant au poste d’ailière gauche, a aussi disputé ce championnat d’Europe, ndlr)

Au coup de sifflet final, quel a été votre premier sentiment ? Avez-vous des regrets ?

Forcément j’ai été un peu déçue de ne pas gagner cette finale, mais j’essaie de voir les choses du bon côté. C’est déjà incroyable d’en être arrivé jusque-là. Le suspense a duré jusqu’à la fin, on s’est battu jusqu’au bout. Je n’ai pas vraiment de regrets. Après, c’est sûr qu’avec du recul et en revoyant les images, il y a toujours des choses à changer, améliorer ou se dire « ici j’aurai dû faire ça » ou l’inverse, mais comme on dit « avec des si, on refait le monde ».

Le calendrier était chargé et a suscité le débat, est-ce que vous pensez qu’il a joué en votre défaveur ?

C’est certain qu’on a accumulé beaucoup de fatigue, qu’elle soit physique ou mentale, particulièrement avec le stress.

Lors de votre dernier match du tour principal, vous affrontez la Suède et marquez 4 buts, comment l’expliquez-vous ?

J’avais déjà joué, je crois, 3 matchs avant, et j’étais stressée, pas complétement à l’aise. Ce match face à la Suède (qui qualifie les Bleues en demi-finale, ndlr) m’a permis de vraiment m’épanouir et c’est là que j’ai pris le plus de plaisir en montrant de quoi j’étais capable.

Comment ressortez-vous de ce championnat ? Que gardez-vous de vos coéquipières qui, pour certaines d’entre elles, possèdent déjà un beau palmarès ?

J’en garde évidemment de très bons souvenirs, et j’ai vécu la compétition à fond, enregistré chaque instant. On ne sait jamais quand est-ce que ça se reproduira, et si ça se reproduira un jour, alors j’en garde vraiment tout le bien. C’est vraiment une chance à laquelle peu de gens ont accès et je m’en rends compte.
Jouer avec des filles qui ont plus de titres, comme Amandine Leynaud par exemple, c’est enrichissant, sur le jeu mais aussi humainement.  Je reste toujours très admirative de qui elles sont et de ce qu’elles accomplissent.

La prochaine fois que joue l’équipe de France féminine, ce sera à l’occasion des Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain, vous êtes confiante ?

On n’est jamais assurée d’avoir sa place à la prochaine compétition, même pour les plus anciennes. Mais je suis contente d’avoir montré ce que je valais, j’ai pu faire mes preuves, et je n’ai plus qu’à me donner encore plus en club, pour je l’espère, faire partie de la liste élargie pour les JO 2021.

À quel moment de votre vie, avez-vous commencé à rêver de jouer en grands championnats, comme l’Euro, ou les JO ?

Le handball est arrivé dans ma vie un peu par hasard, quand j’avais une dizaine d’années. J’ai découvert un sport où on pouvait tout faire, et je ne savais pas que j’étais capable de faire autant de choses. J’ai commencé à voir plus loin quand je suis arrivée à Besançon en 2017. Je me suis prise à rêver, et fini par comprendre qu’avec beaucoup de travail et de patience je pourrais aller toquer à la porte de l’équipe de France.

Toute l’actualité du mercato de l’ESBF à retrouver ici.



Orlane Lachat