Lundisik
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Lundisik / Victoires de la musique : origines et critiques actuelles

Louise Jeannin
Le 7 février 2022 à 17h42, mis à jour le 7 avril 2022 à 21h31

Samedi 12 février prochain aura lieu la 37ᵉ édition des Victoires de la musique présentée par Laury Thillman et Olivier Minne depuis la Seine musicale. Nous les avions débriefées l'année dernière, mais finalement, savez-vous depuis quand elles existent, comment elles s'organisent et quelles en sont les critiques actuelles ?

Samedi prochain, vous pourrez vous poser dans votre canapé tout en savourant et célébrant la musique et vos artistes préférés. Cette grande cérémonie – souvent comparée au Grammy Awards du Royaume-Uni, ou équivalente à la cérémonie des César pour le cinéma – récompense les artistes de variété française. Cette année encore, il y aura du beau monde : Orelsan, Angèle, Hoshi, Feu! Chatterton, Hervé, Clara Luciani, Aya Nakamura, Myd et bien d’autres encore. Sans oublier Stromae en tant que président d’honneur pour ouvrir le bal !

Comment et quand sont nées les Victoires ?

Les Victoires de la musique ont été créées par Claude Fléouter (journaliste français au journal Le Monde, producteur et réalisateur de télévision), Denys Limon et Pascale Tardy (coordinatrice générale de 1985 à 1992) ainsi que Jack Lang, Ministre de la Culture et de la Communication de l’époque. À l’origine, la cérémonie des Victoires de la musique concernait à la fois la variété, la musique classique, le jazz ainsi que le spectacle d’humour. Depuis 1994, une cérémonie spéciale réunie musique classique et jazz : les Victoires de la musique classique. Naîtra dès 2002, une cérémonie à part entière pour le jazz (les Victoires du jazz).

Chaque année, l’intitulé des catégories est établie par le Conseil d’administration de l’association, composée de quatre collèges constituant à la fois l’assemblée générale et le conseil d’administration. Auxquels s’ajoutent des représentants des professions musicales (auteurs, compositeurs, éditeurs, artistes-interprètes, producteurs de spectacles) ; ainsi que des personnalités qualifiées ; un membre de droit (le ministère de la Culture et de la communication) et des membres observateurs.

Le succès commercial, un facteur non-déterminant

Si le succès commercial ne semble pas apparaître comme un facteur déterminant d’éligibilité, n’oublions pas que la musique est une grosse industrie… D’autant plus que les artistes primés sont ceux qui rencontrent la plupart du temps, un réel succès populaire. Ceux qu’on entend beaucoup à la radio, ceux qui ont fait une très bonne vente de disques… D’ailleurs, certaines catégories (groupe ou artiste révélation du public de l’année, Chanson de l’année) sont décernées par le public grâce aux votes SMS. C’est souvent une critique qui est faite à cette cérémonie : « récompenser toujours les mêmes artistes ».

Grand Corps Malade, grand oublié de la cérémonie ?

Ayant enchaîné les tubes cette année (Derrière le brouillard ft. Louane / Nos plus belles années ft. Kimberose), nombreux furent surpris de ne pas voir le nom du slameur Grand Corps Malade dans la liste des nominés. Avec son album Mesdames, Fabien Marsaud (Grand Corps Malade) a su mettre à l’honneur les femmes. Dénonçant les inégalités, les violences, les remarques sexistes qu’elles vivent au quotidien. Invité de Sept à Huit dimanche soir dernier, le chanteur confiait sa déception : « Après l’année qu’on a faite, on est dans les meilleures ventes d’albums. On a une tournée, qu’on a déjà démarrée. On fait plus de quarante Zénith. On a un Bercy d’ouvert. Cette année-là, d’être complètement absent, de ne même pas être nommé dans aucune catégorie, on était déçu ». Fabien Marsaud (Grand Corps Malade) ne semble pourtant pas rancunier et aurait regardé la cérémonie s’il ne se produisait pas sur scène à cette date.

Grand Corps Malade a remporté le titre de la chanson originale l’an dernier avec son titre Mais je t’aime en duo avec Camille Lelouche.

Un manque de diversité

Autre critique à cette grande cérémonie : le manque de diversité autant sur le plan musical qu’en termes de représentations. La journaliste Rokhaya Diallo s’est exprimée sur Twitter pour dénoncer le manque de diversité des artistes nominés. « Tous les artistes sélectionnés par le jury sont blancs. Aya Nakamura est la seule non-blanche qui y figure. Cette dernière n’a pas été choisie par le jury, mais bien par le public pour le prix « de l’album le plus streamé ».

D’autant plus que dans cette catégorie, ce sont souvent les artistes dits urbains qui y sont assignés, relève le média Yard. Cette catégorie précise relèverait d’un mépris sans nom pour des artistes urbains et/ou non blancs. Voulu ou pur hasard ? Mystère…

La liste des nominés



Louise Jeannin