Portraits

Vincent Jacquin a fait trembler le terrain basket d’Isenbart

Rencontre avec un artiste aux multiples facettes, Vincent Jacquin, le graphiste muraliste du terrain d'Isenbart.


Laurie Dalloz
Le 2 décembre 2021 à 19h30

Un avenir designé

Attiré depuis son plus jeune âge par le dessin, c’est vers l’âge de 15 ans qu’il commence les graffitis qui représentent des peintures murales parfois considérées comme de l’art et le plus souvent des dégradations. C’est un passage obligé pour la plupart des artistiques graphiques sur mur.
Ensuite pour continuer dans cette voie, Vincent a réalisé des études de design graphique ou il a appris différentes techniques pour mêler design et peinture murale.
Aujourd’hui, cela fait 15 ans qu’il réalise des œuvres avec son studio Small Studio que ce soit en design ou en peinture murale.
Vincent a plusieurs casquettes : d’un côté il se présente comme un artistique graphique c’est-à-dire qu’il réalise des œuvres à l’aide de connaissances en typographie (formes d’écriture), d’usage de signe, d’image et de mise en, pages, il peut par exemple réaliser des affiches ou encore des designs de communication visuelle. De l’autre côté, Vincent est un artiste muraliste : c’est à dire qu’il réalise ses œuvres sur des murs. Cette façon de faire est très populaire depuis la fin du XXème siècle avec l’art urbain, mais elle existe depuis la préhistoire avec les fresques des hommes des cavernes retrouvé dans les grottes.

Que ce soit en design derrière un ordinateur ou en peinture murale, il envisage les projets de la même façon.

Pour moi, c’est un tout, ce sont juste des supports qui sont différents, avec des approches différentes, mais pour moi, tous cela est lié.

Vincent Jacquin
Photo de Vincent Jacquin

Du design graphique à la peinture murale

Photo : Small Studio

Les œuvres de Vincent sont toutes d’abord dessinés construite sur du papier (surtout quand il s’agit d’une peinture murale) pour ensuite être imaginées à tailles réelles afin de mieux se rendre compte à quoi va ressembler son œuvre. En design graphique, Vincent explique qu’il respecte souvent un cahier des charges prédéfini avec des contraintes particulières même s’il reste libre de la dimension artistique qu’il veut apporter à son design, alors que sur une peinture murale il est à la limite de la carte blanche : il est plus libre de choisir les formes les couleurs les mélanges et ainsi d’imposer son vocabulaire artistique qui se composent de forme abstraite de mélange de couleurs et de dessins superposés.
Peu importe le projet qu’il décide de réaliser, il en porte un intérêt pour chacun d’entre eux, même si parfois il aura tendance à préférer la peinture murale grâce un rapport à la matière.

Son plus gros projet : Le terrain basket d’Isembart

Photo : Small Studio

 Le terrain de basket d’Isenbart, est l’œuvre la plus long que Vincent a réalisé jusqu’à présent. Elle est née d’un projet fictif autour de l’anniversaire de la mort d’Emile Isenbart le 21 mars 1921 à base de photomontage qu’il avait construit avec des photos prises lui-même à travers un appareil et un drone du terrain.
Fier de son idée, il a décidé de la partager sur les réseaux sociaux pour voir si les gens mais surtout les habitants du quartier Isenbart et les joueurs de basket seraient enthousiastes à ce projet. Il a mis au défi les internautes en disant que si la publication du projet dépassait un certain nombre de like il le réaliserait. Ce défi a dépassé son imagination : la publication a été relayée des dizaines de fois. Ainsi bien avant que « Small studio » prenne contact avec la ville. C’est cette dernière qui est venue à eux pour le début de l’aventure.
 Pour monter ce projet il a fallu trouver des financements publics comme des subventions, la DRAC mais aussi des partenariats privés comme la caisse d’épargne le parc Micaud ou encore la réalisation d’une cagnotte citoyenne.


En plus de la dimension artistique représentée par Vincent, il fallait mesurer la dimension technique. Pour cela l’artiste a fait appel à des fabricants de peintures mais aussi au CFA de Vauban (centre de formation d’apprentis) qui ont travaillé les matières pour garder l’adhérence du sol afin que le terrain ne soit pas glissant.
Vincent a également invité les habitants et les usagers à faire part de leurs remarques pour monter un projet en cohésion avec la vie du quartier.
Ainsi ce projet a été terminé à la mi-octobre, mais le but de Vincent est qu’il continue à vivre à travers les habitués du terrain de basket, mais aussi les habitants du quartier dans le but de créer des liens sociales et peut être de construire un petit comité de quartiers autour de ce projet.



Laurie Dalloz