Portraits

Les illustrations poétiques et douces de Jeanne, étudiante en DNMADe design graphique

Découvre le portrait de la douce Jeanne. Elle nous a parlé et présenté quelques-unes de ses illustrations et évoqué sa formation, le DNMADE design graphique au lycée Pasteur.

Par Louise Jeannin
Publié le 26 janvier 2021 à 10h00 | Dernière mise à jour le 16 février 2021 à 9h36 4 minutes de lecture

La Loop s’est rendue chez Jeanne, une étudiante en troisième année de DNMADe (Diplôme National des Métiers d’Arts et du Design) communication et médias imprimés au Lycée Pasteur à Besançon. Accompagnée d’une tasse de thé bien chaude, elle nous a laissé entrer dans son petit chez elle tout doux et cosy pour nous parler de ses illustrations.

Un coup de crayon affirmé aux allures colorées ou dégradés de gris, des motifs fleuris, des personnages absurdes mais poétiques. Jeanne Bouillard, étudiante en troisième année de DNMADe design graphique partage son “art” sur son compte Instagram. Cette formation est toute nouvelle, la promo de Jeanne est la première, c’est un peu un “crash test”. Ce diplôme est un condensé du BTS design graphique et de la MANAA (mise à niveau d’arts appliqués) qui existaient au lycée Pasteur. Une formation plus sûre, qui délivre à la fin, un niveau bac+3. Elle permet d’avoir des équivalences dans des écoles, alors qu’en BTS, il fallait faire une année pour avoir un niveau bac+3, puisque la MANAA ne comptait pas comme une année supplémentaire après le bac. Des ateliers spécifiques à disposition, un stage par an, et un mémoire à réaliser pendant la troisième année. Jeanne a réalisé le sien sur “les stéréotypes et la construction sociale du genre”. 

“Le dessin te fait vraiment une empreinte de ton souvenir”

Nombreux sont les carnets de croquis où Jeanne laisse vagabonder son esprit. Quand on lui demande comment elle procède pour ses illustrations, elle dit qu’elle préfère les réaliser majoritairement à la main. “Le manuel, c’est ce que je veux garder”. Si, auparavant, elle était plus branchée encres et aquarelles, depuis quelque temps, elle s’est “prise de passion pour le dégradé”. Ainsi, un critérium suffit.

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Un confinement inspirant

Pendant le confinement de mars, il y avait peu de cours en visioconférence, les étudiants manquaient de matériel et d’accès aux ateliers de sérigraphie ou de gravure. “C’était compliqué, on avait peu de matos, pas de papier, tout était resté au lycée” raconte-t-elle. Les lycées étaient effectivement fermés jusqu’à début mai. Comme beaucoup d’étudiants, Jeanne a eu du mal à distinguer cette frontière entre la vie personnelle et le travail à fournir. “Je ne me suis pas arrêtée de travailler, heureusement que j’étais chez mes parents à la campagne, dans un cadre sympa”. Elle a donc beaucoup produit et a tenu un “journal du confinement”. Les petits détails du quotidien qu’elle ne remarquait pas forcément habituellement, ont été des sources d’idées.

Des fleurs, des nuages, de l’eau

Ce sont souvent “des personnages, des visages, des mains, des formes ovoïdes, la texture” qui composent son travail. Les figures peuvent paraître bizarres, étranges, voire absurdes mais dégagent malgré tout une réelle sensibilité et une certaine douceur. Les fleurs, les nuages, l’eau, le soleil sont aussi de mise. Pour ce qui est du texte, ce sont des mots, des phrases amusantes prises à l’envolé chez ses proches. Quand certains se construisent des souvenirs à travers la photographie, d’autres comme Jeanne optent pour le dessin. “Le dessin te fait vraiment une empreinte de ton souvenir” assure-t-elle. 

Seulement se faire une place dans ce monde, là, de l’illustration, ce n’est pas si simple. En vivre ? “Qui ne voudrait pas !” s’amuse Jeanne. Mais c’est une situation peu stable, qui peut être angoissante. “Je ne voudrais pas me forcer à créer”. Et puis travailler dans le graphisme, c’est parfois tomber dans une certaine contrainte, si ce que fait le commanditaire ne nous intéresse pas forcément.

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Se laisser le temps de réfléchir

En attendant, Jeanne réfléchit. Elle évoque la prestigieuse école des arts décoratifs de Strasbourg, où l’accès s’effectue sur concours et demande un très haut niveau. Et puis à quoi bon se lancer dans une quelconque autre formation, si c’est pour la passer devant son ordinateur, à travers des visioconférences ? L’année de césure serait une autre piste envisageable, mais bien trop freinée par la crise sanitaire, hélas…  Jeanne aime énormément de choses dans la vie ! Et puis si pour elle, le graphisme est une partie de soi où tu n’es que très rarement satisfait de ce que tu fais, elle se laisse le temps de réfléchir à son futur proche, dans ce contexte empreint d’incertitudes.

Animation réalisée sur Photoshop; dessin à l’encre et au crayon de papier – © Jeanne Bouillard

Si tu veux retrouver d’autres illustrations, dessins, affiches ou autres productions de Jeanne, tu peux la suivre sur son Instagram ! Et même que des fois, elle en met en vente quelques-unes…



Par Louise Jeannin

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