Portraits

David Karp, un bisontin sur les rings de MMA

Après avoir remporté une victoire record en 30 secondes face à Alix Jeanguillaume le 26 février à Reims, David Karp gagne petit à petit en notoriété. Nous avons rencontré le combattant MMA issu du club Académie Fight Club Fitness, situé à Châtillon-le-Duc (25), près de Besançon.

David Karp nous a accueilli à l'Académie Fight Club Fitness de Châtillon-le-Duc (25). Crédit : Doriane Viroulaud

Benjamin Laurencot, Doriane Viroulaud (externe) et Flora Berthet (externe)
Le 21 mars 2022 à 10h50, mis à jour le 22 mars 2022 à 11h36

David Karp, c’est 1,87 m pour 77 kg. Un gabarit assez imposant, qui pourrait faire peur à plus d’un. Normal, après tout, puisqu’il s’agit d’un combattant de MMA (Mixed Martial Art). Mais derrière cet imposant physique d’athlète se cache une personne sympathique et abordable.

Le MMA, qu’est-ce-que c’est ?
Si ce nom vous évoque plus une compagnie d’assurance qu’autre chose, c’est normal. Le MMA (Mixed Martial Arts) est une discipline sportive de combat. Très populaire aux États-Unis sous l’égide de l’UFC (Ultimate Fighting Championship), avec des stars comme Conor McGregor, elle consiste à opposer deux combattants. Ces derniers peuvent faire appel à diverses techniques de combat issues de divers arts martiaux, dans le but de remporter le combat par KO ou soumission. Popularisée par l’UFC aux États-Unis dans les années 90, c’est une discipline qui a été particulièrement décriée pour sa violence. Elle a longtemps été interdite en France, avant d’être autorisée en janvier 2020.

Les sports de combat, une passion depuis tout jeune

Comment David Karp est-il devenu sportif professionnel ? Tout cela part de son adolescence. “Lorsque j’avais 16 ans, je regardais des combats à la télévision avec mes cousins”. Passionné, il attend d’avoir son permis à 18 ans pour pouvoir quitter son village, qui n’avait pas de salle de sport. “J’ai d’abord rejoint une association dans laquelle j’ai pu m’entraîner à la boxe américaine pendant un an. Puis, j’ai rejoint l’Académie Fight Club Fitness de Châtillon-le-Duc (25), près de Besançon”. Là-bas, il s’entraîne pour parfaire son pancrace et son ju-jitsu, techniques et disciplines où il sera très bien placé. En effet, il est, en 2018 et 2019, champion de France de pancrace (catégorie mi-moyen) ! Notons aussi que l’Académie Fight Club Fitness a également accueilli l’ex-joueuse de l’ESBF Maria Bals, devenue aussi combattante de MMA !

Un exil en Suisse…

Après s’être montré relativement bon en ju-jitsu et en pancrace, David Karp décide de changer de catégorie. Il vise le MMA. Problème : ce sport, très célèbre aux États-Unis, est interdit en France. Mais cela n’empêchera pas David et son coach, Alexandre Lamy, de franchir la frontière suisse, où les combats de MMA sont légaux. C’est donc en 2017 qu’il commence d’exercer sa discipline, de l’autre côté de la frontière.

… jusqu’en 2020

En janvier 2020, le MMA devient enfin légal en France. De ce fait, David Karp n’est donc plus obligé de franchir la frontière suisse pour exercer sa passion. Cependant, l’intéressé note quelques changements par rapport à la Suisse : “Hormis le fait que la Suisse et la France sont des pays différents, les règles du MMA restent les mêmes, mais ce sport est plus discret en Suisse. En France, on a beaucoup de publicité autour de cette discipline. Ce qui explique le fait qu’elle soit devenue légale.” Jouissant du statut professionnel, il est donc libre de combattre dans des tournois français.

Le MMA, une discipline surtout francilienne

Malgré la récente légalisation du MMA, un problème se pose toujours pour ses pratiquants : la majorité des tournois y est jouée en région parisienne, privilégiant de ce fait les combattants issus des environs. On notera d’ailleurs que l’Académie Fight Club Fitness est l’un des rares clubs d’entraînement au MMA se situant en province. Bien sûr, cela n’empêche pas David Karp de bousculer la hiérarchie et de se montrer à la hauteur en disputant régulièrement des combats dans la région parisienne. Il a d’ailleurs remporté le dernier en seulement 30 secondes (le 27 février contre Alix Jeanguillaume, NDLR), ce qui n’a pas laissé les autres indifférents !

Une technique bien particulière

Mais comment David Karp a-t-il fait pour remporter son combat aussi rapidement ? À vrai dire, c’est dans ses habitudes de gagner aussi rapidement, comme il nous l’explique : “Sur les six derniers combats que j’ai gagnés, j’en ai remporté quatre en moins d’une minute”. Impressionnant. Mais quel est son secret ? “Je dirais que ça ne me fait pas plaisir de prendre des coups. Donc plus vite le combat est terminé, plus dans un meilleur état je sortirais. Je n’ai pas envie de prendre le risque de me faire mal, car ce n’est jamais agréable. Je préfère gagner, et si le combat peut se terminer le plus rapidement possible, ça m’arrange.” Il préfère donc être relativement rapide pour ne pas prendre de coup et éviter les blessures, tout simplement !

Jongler entre passion et vie professionnelle, une difficulté

Jouissant du statut de professionnel de MMA, David ne vit pas du sport. En effet, en dehors de sa passion, il travaille dans le bâtiment, où il gère une entreprise avec sa sœur. Il est donc assez difficile de combiner son travail, sa vie de famille et sa passion, comme il nous l’explique : “C’est assez compliqué de concilier travail, vie de famille et entraînement. Heureusement que j’ai ma sœur dans l’entreprise, car elle gère plus de choses, et ça me permet de pouvoir plus m’entraîner”.

En plus de travailler, le combattant s’entraîne entre 4 et 5 heures par semaine, et entre 10 et 14 heures lorsqu’il prépare un combat. Bien sûr, il se laisse une semaine de répit après un combat (et on le comprend).

Quid du futur ?

Après la victoire étincelante face à Alix Jeanguillaume le 26 février dernier, David Karp aimerait bien reprendre les combats. “On aimerait bien pouvoir faire mon prochain combat en avril. Mais on n’a pas de date exacte. Ce sera peut-être avril ou mars, ça dépend de l’organisation qui voudra bien de moi. Mais j’espère pouvoir gagner toujours aussi rapidement.”. On ne peut que lui souhaiter le meilleur pour la suite de sa carrière !



Benjamin Laurencot, Doriane Viroulaud (externe) et Flora Berthet (externe)

Cet article a été publié dans le cadre d'une collaboration avec les enseignants du parcours Journalisme de la licence Information-Communication de Besançon. La Loop publie les meilleures productions des étudiants. Certains auteurs ne font donc pas partie de la rédaction de La Loop.

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