Portraits

Besançon : le mystérieux portrait de Victor Hugo qui fait parler Rue du lycée

Laurie Dalloz, Noé Chaillot (externe) et Aurélien Chagnot (externe)
Le 11 mars 2022 à 10h36, mis à jour le 22 mars 2022 à 11h35

Jean-Charles Thoulouze, directeur industriel et passionné par la peinture, est à l'initiative d'un portrait de Victor Hugo apparu sur une palissade de travaux Rue du lycée à Besançon. Rencontre avec cet artiste pour comprendre l'initiative de son œuvre.

Si vous êtes passé devant le collège Victor Hugo ces derniers jours, vous avez sans doute remarqué ce mystérieux portrait de Victor Hugo peint à la main et signé JCT (Jean-Charles Thoulouze).

La peinture comme thérapie

Il y a 8 ans, l’artiste de 50 ans a eu un accident. C’est alors qu’il se décide à se lancer dans la peinture de manière autodidacte. Une véritable thérapie pour lui ! Né en milieu sportif, et avec quatre ans de sport de haut niveau à son actif, Jean-Charles Thoulouze a réalisé cette œuvre dans un seul but : donner un peu de beauté à la rue et permettre aux gens de « lever la tête » et que tout le monde en profite. Pour lui, la culture ne se retrouve pas sur Netflix, mais bien à chaque coin de rue de son propre quartier.

De la feuille de papier à la palissade

Ce projet est né chez lui, très rapidement, dans un quartier non loin de la palissade. En passant chaque matin dans la rue du lycée pour se rendre sur son lieu de travail, il a vu en cette palissade un vrai potentiel pour réaliser un portrait comme il aime le faire sur une feuille de papier. Cette palissade se trouve juste à côté du collège Victor Hugo : il a donc été naturel pour Jean-Charles Thoulouze de dessiner un portrait du célèbre poète. Il a commencé son œuvre par une esquisse le samedi 26 février dans l’après-midi et le soir même, Jean-Charles a réalisé en 1h30 le portrait de Victor Hugo avec de la peinture à l’eau. « Je commence par poser les yeux au milieu et après je tourne autour. C’est le regard qui fait tout ! Le reste, c’est superficiel », indique l’artiste.

« Quand ta passion devient ton travail, ce n’est plus une passion »

Aujourd’hui, la peinture et Jean-Charles Thoulouze ne font qu’un. Cela lui permet d’évacuer le stress du travail, étant à la tête de Mantion, une entreprise de 70 salariés du secteur des systèmes coulissants. Il précise qu’il ne se considère pas comme un artiste professionnel, car il fait de la peinture sa passion et il veut que ça le reste. « Quand ta passion devient ton travail, ce n’est plus une passion », explique-t-il.

Jean-Charles Thoulouze nous précise qu’il réalise une exposition par an, comme en novembre dernier où il avait exposé cinq toiles pendant un mois. Il s’occupe lui-même de trouver un lieu pour exposer. Il peint ses œuvres chez lui, dans sa cuisine, car il a un grand appartement qui lui permet de se faire plaisir. « Je ne lâche pas le pinceau ! Je peins tous les soirs », confie le directeur d’entreprise qui a des projets et des envies pour l’avenir. Il aimerait en effet s’approprier Le Radeau de La Méduse et en faire de beaux portraits. L’artiste croit en cet objectif : « Ma technique évolue, car je travaille tous les jours, je la fais évoluer ».

Un succès allant au-delà de Besançon

L’artiste reçoit beaucoup de commandes de ses œuvres, ce qui l’agace parfois. « À partir du moment où on te commande, ça devient une contrainte », confie-t-il. C’est pour cette raison que l’artiste préfère en premier lieu se limiter à produire des œuvres pour lui seul et pour les passants. Cependant, il lui arrive de vendre ses toiles autour de lui, via les réseaux sociaux, mais aussi à travers la France, jusqu’à Paris, Montpellier ou encore au Luxembourg.

Ses toiles plaisent aussi au grand public de Besançon. Les œuvres de Jean-Charles Thoulouze sont en effet présentes dans la majeure partie des restaurants et des bars de la ville. De plus, il affirme que des particuliers ont des toiles de lui dans leur appartement. Le directeur d’entreprise est fier des réactions que suscitent ses peintures, car en plus des retours et commentaires positifs qu’il reçoit et des effets que cela a eu sur les élèves du collège Victor Hugo, il déclare qu’avec ses productions il casse le quotidien, la routine…

Un artiste ne se limitant pas qu’à la peinture

L’artiste est polyvalent puisqu’il réalise aussi en ce moment une ligne de foulards en carré de soie. Il en a déjà réalisé une qui est sortie à Noël et qui a été distribuée dans trois magasins de Besançon. La prochaine ligne de foulards sortira au printemps et une ligne de vêtements est aussi dans ses projets. « Je décline tout et c’est ça qui est sympa ».



Laurie Dalloz, Noé Chaillot (externe) et Aurélien Chagnot (externe)

Cet article a été publié dans le cadre d'une collaboration avec les enseignants du parcours Journalisme de la licence Information-Communication de Besançon. La Loop publie les meilleures productions des étudiants. Certains auteurs ne font donc pas partie de la rédaction de La Loop.

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