Politique & société

Les jeunes militants politiques : Steven Fasquelle soutient Marine Le Pen et « sa présence certaine au second tour »

Louise Jeannin, Keziah Cretin et Hugo Petitjean
Le 4 avril 2022 à 15h19

Jusqu'au premier tour des élections présidentielles qui aura lieu le 10 avril prochain, La Loop se mobilise pour vous permettre de découvrir les jeunes qui militent pour les candidats. On échange avec eux autour de leur programme et de leurs mesures phares destinées aux jeunes. Rencontre avec Steven Fasquelle, militant des Jeunes avec Marine Le Pen.

L'interview en vidéo

Retranscription de l’interview

La Loop : Steven Fasquelle, vous êtes étudiant en quatrième année à la faculté de pharmacie à Besançon et responsable des jeunes avec Marine. Approximativement, combien y a-t-il de Jeunes avec Marine ?

Steven Fasquelle : Dans le Doubs, nous sommes environ une quarantaine de jeunes à jour de cotisation. Et puis il y a très régulièrement des personnes qui ne sont pas encartées qui viennent nous aider. On ne demande pas de cartes forcément, nous sommes vraiment dans une démarche d’union.

LL : Est-ce que vous connaissez le programme de Marine Le Pen par cœur ?

SF : Connaître par cœur, c’est toujours compliqué parce que le programme est très complet : il y a 12 livrets et il est très chiffré. Connaître les grandes lignes, oui, puisqu’il faut convaincre les Françaises et les Français quand on tracte, quand on colle…

LL : En tant que jeune, c’est important pour vous de s’engager en politique, de s’engager derrière un candidat ?

SF : Pour moi oui, c’est important parce que les jeunes sont le terreau de la civilisation de demain. L’avenir de demain repose sur nos épaules, donc c’est dommage que certains jeunes ne s’intéressent pas à la politique parce que c’est ça qui fait la société de tous les jours.

LL : Pourquoi selon vous, Marine Le Pen est LA candidate à soutenir ? En quoi elle se distingue des autres candidats ?

SF : Personnellement je soutiens Marine Le Pen (MLP) pour deux raisons principales : d’abord, évidemment, le programme. Je le trouve clair, concert, c’est un des rares qui est chiffré. Pour moi, c’est le plus présidentiel. Tout est disponible sur notre site directement. Il est détaillé en 12 livrets thématiques sur la santé, l’éducation, les jeunes, etc.

Ensuite, c’est aussi pour la personne qu’est MLP. Je l’admire, à titre personnel, parce qu’elle a vécu énormément de choses pendant sa vie, notamment son enfance (elle a vécu des choses traumatisantes). Surtout, c’est une femme motivée qui se bat depuis vingt ans et pas depuis six mois. Elle le fait toujours avec le sourire et avec énormément d’humanité.

LL : Marine Le Pen est à la deuxième place du podium des sondages concernant les intentions de vote des Français au premier tour (16%), un peu derrière Emmanuel Macron (29%), tout juste devant Eric Zemmour (13%) et Jean-Luc Mélenchon (12%). Est-ce que vous êtes confiant pour une victoire de Marine Le Pen ? Est-ce que vous croyez à un remake du duo Macron/Le Pen au second tour, comme en 2017 ?

SF : Concernant une MLP au second tour, je suis extrêmement confiant, et pour plusieurs raisons. D’abord les sondages, bien qu’il faille les prendre avec des pincettes, ils sont très bons, vous avez énoncé le chiffre de 16 %, ça fluctue même autour des 20 % ces derniers jours, donc pour moi, sa présence au second tour est certaine.

Pour la victoire, c’est aussi très probable parce qu’on a une candidate qui est sur le terrain et au cœur de la préoccupation des gens que ce soit en ce qui concerne le pouvoir d’achat, la sécurité, etc. Et on a un président de la République qui est affaibli. Il a quand même plusieurs scandales sur le dos (McKinsey, Alstom…). Les Français sont en train d’ouvrir les yeux sur qui est MLP et ce qu’elle pourrait apporter au pays, et sur qui est Emmanuel Macron et tout ce qu’il a fait au pays, malheureusement.

LL : Si on vous dit que Marine Le Pen est d’extrême-droite, vous approuvez ce terme ?

SF : On entend depuis des années que le FN (Front National) et le RN (Rassemblement National) est d’extrême droite. Il faut savoir que dès 1995, le FN se disait déjà ni de droite ni de gauche. Aujourd’hui, c’est toujours le cas. C’est-à-dire que l’on ne va pas faire comme Emmanuel Macron à prendre le pire des deux côtés, mais on va essayer de faire une synthèse de ce dont le pays a besoin et proposer des solutions concrètes. Alors dire que nous sommes d’extrême droite, non. Nous sommes de droite sur certains sujets et de centre gauche, sur d’autres. Cela dépend des sujets. Sur la sécurité ou la laïcité, nous sommes de droite par exemple, et de droite très laïque. « Extrême-droite », je trouve que c’est plus un terme employé pour rabaisser les adversaires que pour débattre dans le fond.

LL : Si vous deviez donner 3-4 mesures phares et les plus intéressantes de Marine Le Pen concernant les jeunes, vous donneriez lesquelles ?

SF : Quand on parle des jeunes, il faut déjà distinguer plusieurs catégories de jeunes. D’abord, les jeunes actifs, ceux qui ne font plus d’études et qui travaillent activement tous les jours. Ce que propose MLP pour ces derniers, c’est d’exonérer complétement d’impôts sur le revenu les jeunes de moins de 30 ans. Également d’exonérer d’impôts sur les sociétés, les sociétés fondées par des jeunes de moins de 30 ans pendant 5 ans. 75 % des jeunes souhaitent partir travailler à l’étranger. C’est clairement un problème parce qu’un pays qui se vide de sa jeunesse, c’est un pays qui meurt. Nous souhaitons que les jeunes travaillent en France, restent en France, qu’ils investissent en France, qu’ils s’enracinent en France. MLP est un peu la candidate de l’enracinement des Français dans leur pays.

La seconde catégorie de jeunes, c’est les apprentis. Ces derniers sont pays avec des miettes de pain. Ils travaillent à pas d’heures pour gagner quelque chose qui est très insuffisant pour vivre, voire survivre. Ce que MLP propose, c’est d’augmenter le salaire des jeunes apprentis en proposant un chèque apprentissage, qui accorde un bonus de 230€/mois versé par l’État pour les mineurs et de 330€/mois pour les majeurs. L’apprentissage est une filière extrêmement intéressante en France. Malheureusement, de moins en moins de jeunes font de l’apprentissage parce qu’on ne fait que répéter qu’il faut faire brevet/bac/licence/master alors qu’il n’y a pas de place dans les emplois après. Nous souhaitons revaloriser les métiers artisanaux, ceux qui ont fait le savoir-faire français depuis des siècles. Il faut savoir aussi que les entreprises qui emploient des jeunes auront une aide de l’État pour favoriser l’emploi des apprentis, avec une aide qui va de 2 700€ à 4 000€/an et par apprentis.

Enfin, les étudiants. MLP souhaitent aider les étudiants qui travaillent. Nous ne voulons pas être dans l’assistanat à distribuer un peu gratuitement et sans conditions de l’argent public. MLP veut donner un complément de revenu par rapport à leur salaire : 20 % du salaire dans la limite de 200 € pour les étudiants non-boursiers, et 30 % dans la limite de 300 € pour les étudiants boursiers.

Ce que nous souhaitons, c’est aider au maximum. Il y a déjà énormément d’étudiants qui travaillent. Par exemple, dans ma promo, les 3/4 travaillent à côté… Donc nous, nous voulons aider ces étudiants-là. Si l’on distribue de l’argent « gratuitement » et sans efforts, les gens vont arrêter de travailler et au final, c’est les entreprises qui vont en pâtir puisqu’elles ont besoin de main d’œuvre. On essaye de trouver un équilibre : ceux qui travaillent, on les aide et ceux qui ne travaillent pas ou qui ne peuvent pas, eh bien peut-être qu’ils ont les moyens de ne pas travailler.

LL : Vous parliez de la mesure suivante : “exonérer d’impôt sur le revenu tous les jeunes actifs jusqu’à 30 ans pour qu’ils restent en France et fondent leur famille chez nous”. Les jeunes sont nombreux à partir ?

SF : Les jeunes qui veulent quitter la France sont nombreux. Les jeunes qui peuvent la quitter, beaucoup moins, notamment parce que les moyens financiers sont moyens. Surtout qu’on sait que les personnes qui souhaitent partir à l’étranger, c’est aux États-Unis, au Canada, au Japon… Des pays dans lesquels on n’y va pas avec 200 € ! Au final, ce sont les étudiants et les jeunes travailleurs les plus aisés qui partent, donc cela fait encore plus de perte : moins de consommation, moins d’impôts… Parce qu’une fois qu’ils sont partis dans un autre pays, ils y restent, donc c’est une perte sur le long terme. C’est à la fois une perte en termes de moyens financiers, mais aussi en termes de moyens humains, parce que la personne a été formée en France avec nos impôts et va offrir le savoir acquis à l’étranger

LL : Toujours sur cette question d’exonération, si l’on prend un exemple connu : Kylian Mbappé, 23 ans, touche plus d’un million d’euros par mois. Lui aussi sera exonéré ?

SF : Je ne sais pas si elle a décidé de mettre en place un plafond maximal, aux dernières nouvelles je ne crois pas, mais je ne préfère pas trop m’avancer là-dessus. Après, la chose que l’on voudrait éviter, c’est peut-être que Kylian Mbappé aille placer ses millions à l’étranger, dans des paradis fiscaux. Ce serait dommage !

LL : Comme Éric Zemmour, MLP souhaite “l’instauration d’un uniforme au primaire et au collège”. Est-ce que ça n’est pas un trop gros retour en arrière ?

SF : Je ne dirais pas retour en arrière. Il y a encore beaucoup de pays où l’uniforme existe toujours et ces pays se portent très bien. Je ne sais pas si cela se ferait par école, comme c’est le cas au Japon par exemple. Je pense qu’il y a une fierté de l’uniforme. C’est un symbole qu’on incarne. Quand on a de bons résultats et que l’on porte l’uniforme de son école, on peut être bien vu. L’uniforme permet aussi de gommer les discriminations vestimentaires qui existent encore aujourd’hui dans tout un tas de collèges. Il y a des personnes qui sont mal vues, rackettées, insultées, harcelées parce qu’elles ne s’habillent pas en marques. C’est des comportements qu’on souhaite limiter.

LL : Si vous deviez décrire le plus fidèlement possible le programme de Marine Le Pen en donnant les 3 ou 4 promesses fondatrices de son programme. Lesquelles vous citeriez ?

SF : Je vais détailler une mesure par thème prioritaire. Sur le pouvoir d’achat, on peut parler de la réduction de la TVA sur les énergies de 20 % à 5,5 %. Quand on voit le prix de l’essence à 2 € ces derniers jours, baisser la TVA à 5,5 % au lieu à 20 %, permettrait d’économiser 25 à 30 centimes au litre. Ce qui est énorme sur un plein ! Cela s’appliquerait également sur électricité.

Sur l’immigration, on propose un référendum constitutionnel, qui sera validé par les Français. Il portera sur toute une série de points extrêmement importants, comme la fin du droit du sol, l’expulsion des délinquants étrangers, la fin du regroupement familial, toutes des mesures qui permettront de limiter l’immigration anarchique qu’on voit encore aujourd’hui. Après bien entendu, cela ne concerne pas le droit d’asile, ce dernier étant un droit sacré qui est totalement à part. Les réfugiés de guerre, il faut les accueillir dignement.

Dans ce référendum, on va réintroduire le fait que les étrangers illégaux sont des délinquants, parce qu’ils sont illégaux. Ils n’ont de fait, pas respecté les règles du pays. Du coup, les personnes qui seront illégales, devront être expulsées parce qu’elles n’auront rien à faire ici. Elles ne pourront plus avoir la nationalité et les demandes de visa, etc, se feront dans les ambassades à l’étranger et plus en France, parce qu’en général, quand les personnes arrivent en France, elles y restent…

Enfin, on peut parler aussi de la démocratie. MLP souhaite mettre en place un référendum d’initiative populaire. Les citoyens pourront proposer une réforme par référendum avec un certain nombre de signatures. Elle propose également une proportionnelle. Aujourd’hui, on a des partis qui font de très bons scores et qui n’ont pas beaucoup de députés… Enfin elle veut aussi mettre en place une « banque de la démocratie », idée qui avait été soutenue par le candidat Emmanuel Macron en 2017 mais qu’il n’a jamais faite… Cela vise à créer une banque où tous les candidats pourront emprunter de l’argent de façon sûre pour financer leur campagne.

Sur l’énergie, on souhaite avoir une France totalement décarbonée d’ici quelques dizaines d’années. On propose un mix entre l’énergie nucléaire, qui est une énergie qui ne coûte pas très cher (même s’il faut entretenir les centrales) et tout un tas d’énergies renouvelables, hors éolien (par exemple, l’hydroélectrique, le voltaïque, l’hydrogène…). Surtout l’hydrogène, puisque c’est une énergie d’avenir. Pourquoi pas l’éolien ? Eh bien, parce que c’est un scandale écologique. Pour en installer une, on installe des centaines et des centaines, voire des milliers de tonnes de bétons et on déforeste les forêts. L’énergie produite par les éoliennes coûte cher…

LL : Selon vous, quelle est la promesse la moins pertinente de Marine Le Pen, celle qu’il faudrait revoir ?

SF : Là comme ça… ça ne me vient pas ! *rires*

LL : “Renationaliser les autoroutes pour baisser de 15% les péages” : MLP estime que les sociétés d’autoroute aujourd’hui font un bénéfice de 15% sur chaque passage ?

Je ne sais pas précisément les bénéfices exacts des sociétés d’autoroutes, mais cela va outre une question de bénéfices/recettes. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, quand on prend l’autoroute, on voit les prix et… on ne prend pas l’autoroute en fait ! On a de bonnes infrastructures, mais qui ne sont pas empruntées parce qu’elles sont trop coûteuses et souvent entretenues de façon très moyenne. Ce que MLP souhaite faire, c’est renationaliser les autoroutes, ce qui permettra d’engranger quelques bénéfices et de mieux les entretenir, mais surtout de baisser les tarifs pour que les Français utilisent davantage les autoroutes.

LL : “Privatiser l’audiovisuel public pour supprimer les 138€ de redevance” : pourquoi ce souhait ? Est-ce que n’est pas un risque pour la neutralité de l’information ?

SF : On peut dire qu’il peut y avoir un risque d’une perte de la neutralité de l’information comme vous dites. Aujourd’hui, on va dire que c’est surtout le service public qui n’est pas très neutre ! Quand on voit par exemple, des chroniqueurs de France Inter, France Info qui taguaient des affiches d’Eric Zemmour, ce n’est pas acceptable. Des chroniqueurs du service public, payés avec nos impôts, n’ont pas à écrire « zob » sur une affiche (la chroniqueuse Charline Vanhoenacker avait fait parler d’elle en allant taguer une affiche du candidat d’extrême droite, NDRL).

LL : Et Cnews ? Il n’y a pas d’idéologie ?

SF : On peut dire c’est orienté légèrement… Mais tout le monde était invité, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite, que ce soient des personnes souverainistes, mondialistes. On voyait des gens comme Eric Zemmour justement, parce qu’il était chroniqueur sur CNews, mais également Jack Lang et d’anciens ministres socialistes.

LL : L’audiovisuel public représente les deux antennes que vous avez citées, mais c’est aussi tout un réseau de radios locales et de proximité (France Bleu). Est-ce que ce n’est pas dangereux de priver de cette proximité ?

SF : Je ne doute pas que ces radios soient appréciées, justement par ce côté « local », parce que tout le monde aime le local. Je pense juste qu’elles ont les moyens de se passer de 138€ par citoyen. Justement, elles sont beaucoup écoutées, plus que d’autres chaînes privées, alors elles ont les moyens de subvenir à leurs besoins. Après, comme il s’agit de structures locales, elles peuvent bénéficier de subventions locales des collectivités locales. Ce n’est pas une question de privé ou public. Si la radio en question défend la culture et l’identité locale, elle peut tout à fait obtenir des subventions, ce n’est pas incompatible.

Les engagements phares de Marine Le Pen

Études / pour les jeunes

  • Supprimer l’enseignement des langues et cultures d’origine
  • Remettre au cœur des programmes l’enseignement du français, des mathématiques et de l’histoire
  • Revaloriser les salaires des enseignants et refonder leur formation
  • Exonérer d’impôt sur le revenu tous les jeunes actifs jusqu’à 30 ans pour qu’ils restent en France et fondent leur famille chez nous
  • Rétablir l’uniforme au collège et au lycée

Politique

  • Instaurer la retraite à 60 ans avec 40 annuités pour les Français qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans et jusqu’à 62 ans pour les Français ayant commencé avant leurs 25 ans
  • Création d’une banque de la démocratie

Santé

  • Plan de 20 milliards d’euros sur 5 ans, dont 2 milliards pour revaloriser les salaires des soignants
  • Supprimer les Agences régionales de santé (ARS)

Social

  • Baisser la TVA de 20 % à 5.5 % sur les produits énergétiques (carburants, fioul, gaz et électricité)
  • Permettre aux entreprises une hausse des salaires de 10 % (jusqu’à 3 Smic) en exonérant cette augmentation de cotisations patronales
  • Renationaliser les autoroutes pour baisser de 15 % le prix des péages et privatiser l’audiovisuel public pour supprimer la redevance

Sécurité

  • Organiser un référendum sur l’immigration
  • Expulser clandestins, délinquants et criminels étrangers, fichés S étrangers
  • Rétablir les peines planchers
  • Présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre
  • Supprimer toute possibilité de réduction ou aménagement de peine
  • Création de 25 000 nouvelles places de prison en 2027


Louise Jeannin, Keziah Cretin et Hugo Petitjean