Politique & société

Les jeunes militants politiques : Kévin Landry soutient Emmanuel Macron, le candidat qui « dépasse les clivages »

Jusqu'au premier tour des élections présidentielles qui aura lieu le 10 avril prochain, La Loop se mobilise pour vous permettre de découvrir les jeunes qui militent pour les candidats. On échange avec eux autour de leur programme et de leurs mesures phares destinées aux jeunes. Rencontre avec Kévin Landry, un des cadres des Jeunes avec Macron et référent pour le département de la Haute-Saône.


Hugo Petitjean, Louise Jeannin et Keziah Cretin
Le 7 avril 2022 à 18h23, mis à jour le 12 avril 2022 à 9h11

L'interview en vidéo

Retranscription de l’interview

La Loop : Kévin Landry, vous avez 21 ans, vous êtes étudiant en Master 1 administrations publiques parcours politique publique à Besançon et militant chez les JAM (Les jeunes avec Macron). Quel est votre rôle au sein du parti ?

Kévin Landry : Je suis un des cadres régionaux des Jeunes avec Macron (JAM) et je suis également référent pour le département de la Haute-Saône.

LL : Combien y a-t-il de membres de Jeunes avec Macron dans le Doubs ou en Franche-Comté (ou à Besançon) ?

KL : Au niveau de la Franche-Comté, je n’en ai aucune idée. Au niveau du Doubs, si nous comptons les adhérents et ceux étant véritablement actifs, il y a parfois des différences, mais en termes d’actifs, je dirais une trentaine d’adhérents.

LL : Est-ce que vous connaissez le programme d’Emmanuel Macron par cœur ?

KL : Dans les grandes lignes !

LL : En tant que jeune, c’est important pour vous de s’engager en politique, derrière un candidat ?

KL : Bien sûr, c’est super important. D’abord parce que le droit de vote a été conquis de haute lutte par nos ancêtres donc c’est évidement important. Et puis j’ai tendance à dire que la politique c’est le quotidien. Vous allez dans une rue, vous devez rouler à trente km/h, c’est de la politique. C’est de la politique municipale, mais de la politique tout de même. Vous roulez sur une route départementale à 80km/h, là encore c’est de la politique. En réalité tout ce que nous faisons au quotidien est touché de près ou de loin par la politique. Je pars donc du principe qu’il faut non seulement choisir, donc aller voter mais aussi pour ceux que le souhaitent s’engager, parce que s’engager c’est défendre ses idées, c’est aller plus loin que simplement voter. C’est donner corps et âme à ses idées.

LL : Pourquoi selon vous, Emmanuel Macron est LE candidat à soutenir ? En quoi il se distingue des autres candidats ?

KL : Emmanuel Macron est le seul d’abord à porter une vision de la politique qui n’est pas idéologique. Non pas que l’idéologie ce serait mal, mais on voit bien que depuis 40 ans, ce qui a enliser notre pays, ce sont des majorités de droite se refusaient de faire certaines choses parce qu’elles étaient connotées à gauche et inversement. En 2016, puis en 2017, ce qu’a porter Emmanuel Macron c’était justement cette volonté de dépasser le clivage. Aller au delà des dogmes politiques et au fond de s’interroger : est-ce que c’est bon ou est-ce que ce n’est pas bon pour le pays. C’est Christophe Castaner qui dit (il était député socialiste) que depuis qu’il est avec Emmanuel Macron, a retrouvé une certaine liberté parce que justement il n’a plus à s’interroger sur ce qui est droite et ce qui est de gauche. Et puis de manière générale, Emmanuel Macron c’est plus seulement un candidat, c’est un président sortant donc il a un bilan et je crois que ce dernier est extrêmement positif, pour les jeunes notamment. Nous pourrions parler du repas à 1€ dans les CROUS, la gratuité de la contraception pour les jeunes femmes de 18 à 25 ans, la gratuité des protections hygiéniques pour les étudiantes. Emmanuel Macron a compris les jeunes ce n’étaient pas que des étudiants. Il y aussi des jeunes parfois dans l’emploi ou sans emploi, sans formation. Je pense notamment à ce qui a été fait pour l’apprentissage, il y avait un peu plus de 230 000 apprentis en 2017 lorsqu’il arrive au pouvoir; aujourd’hui il y en a plus de 700 000 en 2021 en contrats signés. C’est une augmentation importante.

LL : Emmanuel Macron est en tête des sondages, avec 27% des intentions de vote, plutôt loin devant Marine Le Pen (23%), Jean-Luc Mélenchon (17,5%) et Eric Zemmour (9%). Est-ce que vous êtes confiants pour une victoire d’Emmanuel Macron ? Avec cette grande avance, l’élection vous semble-t-elle déjà jouée d’avance ?

KL : Non l’élection n’est pas jouée d’avance, si elle l’était, je ne serais pas là. Nous passons énormément de temps sur le terrain, à tracter, à faire du porte à porte, à coller des affiches donc évidemment on ne considère pas qu’elle est gagnée d’avance. D’ailleurs nous en sommes le meilleur exemple : en 2017, en septembre tout le monde pensait qu’Alain Juppé serait président de la République. Bon finalement, il n’a même pas gagné la primaire de la droite. Puis après la primaire, nous pensions tous que François Fillon remporterait l’élection puis finalement cela ‘a pas été le cas… Nous voyons bien et nous en sommes le parfait exemple qu’il peut y avoir des surprises dans une élection. Donc cette élection sera gagné uniquement au 24 avril au soir, je l’espère.

LL : Qu’est-ce qui a changé entre le Emmanuel Macron de 2017 et celui de 2022 ?

KL : Déjà l’expérience politique. En 2017, il était novice en politique, il avait été seulement ministre deux années. Il a mené campagne, il a découvert aussi je pense la politique au sens de la faire. Et puis aussi, il a maintenant appris. Il le dit lui-même d’ailleurs. Il dit avoir appris de ses erreurs. Tout n’est jamais réussi pour tout le monde parce que nous faisons tous des erreurs.

LL : Vous vous attendez à un remake Marcon – Le pen au second tour ?

KL : J’ai tendance à dire qu’en démocratie, on ne choisit pas le candidat contre lequel on va jouer la deuxième partie. Je crois d’abord qu’il y aune première partie à jouer, avant le second tour, qui est le premier tour. Vous l’avez dit les sondages sont favorables, mais il faut quand même garder la tête froide et rester modeste. D’abord faire un bon score et être au second tour, ensuite on combattra politiquement contre le candidat que les français auront voulu.

LL : Concernant les mesures, si vous deviez donner 3-4 mesures phares et les plus intéressantes d’Emmanuel Macron concernant les jeunes, vous donneriez lesquelles ?

KL : Nous l’avons déjà évoqué, mais nous pourrions parler de l’apprentissage qui vise à faire des lycées professionnels, une voie d’excellence. L’idée c’est de reprendre la méthode qui a fonctionné pour l’apprentissage, pour faire de ces voies techniques et manuelles qui ont souvent été mises au banc, on a souvent incité les jeunes à faire de longues études. Aujourd’hui, ce que nous disons c’est qu’il faut de tout pour faire un monde. Il faut évidemment des ingénieurs, mais il faut aussi des maçons, des routiers, etc. Il faut re mettre ces métiers manuels au cœur des choix du possible pour les jeunes. Ensuite, il y le contrat d’engagement jeune qui vient d’être mis en place qui entrera en vigueur dans les cinq ans à venir. Ce dernier vise à accompagner les jeunes sans emploi et sans formation, en leur donnant 500€€ de revenus tous les mois en contre-partie de 15 à 20h de formation pour les insérer professionnellement. Voyez, il faut autant des propositions pour les jeunes qui sont en études, mais aussi pour les jeunes qui sont employés. Pour ces derniers, je citerai la mesure du compte épargne temps, elle est selon moi super importante. Elle vise à permettre aux jeunes de cumuler sur un compte des RTT, des congés payés, puis de les monétiser pour créée un peu plus de pouvoir d’achat ou de les utiliser pour plus tard pour se consacrer à sa famille et à soi.

LL : L’université n’est pas en très bon état (manque d’enseignants, délabrement bâtiments…). Qu’en est-il de sa position aujourd’hui sur le budget de l’université et/ou ce qu’il prévoit de faire ?

KL : Je en suis pas sûr, mais je ne crois pas que les moyens à louer aux universités aient diminuées au niveau de l’argent. Mais oui, de fait, il faut donner les moyens à nos universités d’éduquer nos étudiants.

LL : “Achever la couverture numérique du territoire par la fibre d’ici 2025”. Ce sera tout le territoire ? La fin totale des zones blanches ?

KL : Oui oui, l’idée c’est de permettre à tous les citoyens français de bénéficier de la fibre.

LL : “Tous les étudiants pourront désormais réellement évaluer leurs cours à la fin du semestre.” Quelle forme va prendre cette mesure ? À quoi va servir notre évaluation ?

KL : Alors la forme je ne sais pas, nous verrons la mise en place de cette mesure. Pour ma part, dans les deux universités que j’ai fait (pas dans tous les cours) cela existait déjà. Peut-être que l’idée c’est de généraliser, mais aussi de montrer aux professeurs la dissonance qui peut exister entre l’attente des étudiants pour un cours et la réalité vécue par les étudiants. Cela peut aussi être un moyen pour les enseignants d’évaluer les nouvelles pédagogies qu’ils tentent dans certains cours. Pour eux cela peut leur montrer si cela a fonctionné ou non, si les étudiants sont convaincus, etc. Parfois certains cours s’entremêlent et les professeurs aimer bien questionner leurs étudiants sur ce qu’ils ont fait dans ces derniers, pour s’adapter.

LL : On passe aux mesures du programme d’ordre plus général. Pourriez-vous écrire le plus fidèlement possible le programme d’Emmanuel Macron en donnant les 3 ou 4 promesses fondatrices de son programme ?

KL : Il y a les mesures qui font parler. Je pense notamment à celle sur le RSA, qui vise à demander aux gens qui sont au RSA, d’effectuer 15 à 20h de travail d’insertion ou de formation. Il faut savoir quand même qu’au bout de 7 ans, il y a seulement 34% qui sont au RSA qui ont retrouvé un emploi et sur ces 34% là, il n’y a qu’1/3 qui ont un emploi stable. Avant le RSA, c’était le RMI et le « I » signifiait « insertion ». Aujourd’hui on voit bien que le RSA ne permet plus de s’insérer dans le monde professionnel. Donc l’idée ce n’est pas contrairement à ce qu’on peut entendre de travailler 15 à 20h, et d’être payé une misère. De toute manière le code du travail nous l’interdit. C’est simplement de leur permettre de suivre des formations et de s’insérer professionnellement et ensuite de pouvoir toucher un vrai salaire. En réalité on dit souvent que c’est une mesure de droite, mais la gauche ne peut pas non plus cautionner que des gens vivent avec des minimas sociaux, le but c’est aussi qu’ils puissent avoir un emploi et vivre d’un salaire. En terme de dignité humaine c’est plus intéressant.

Concernant la question de la retraite, elle intéresse énormément les étudiants. Dans notre système, ce sont les actifs qui financent la retraite des retraités. Il y a cinquante ans, nous comptions cinq actifs pour financer une retraite. Il y a dix ans il en fallait deux. Aujourd’hui on se rapproche d’une situation où l’on a un actif pour financer une retraite. Cela risque de devenir très compliqué à gérer. Il existe trois options : soit nous diminuons les pensions de retraite mais ce c’est pas le choix que nous faisons. Soit nous augmentons les impôts, notamment les cotisations retraites pour les salariés, mais ce n’est pas le choix que faisons non plus. Nous pensons qu’il faut augmenter l’âge de départ en retraite jusqu’à 65 ans. En contrepartie on permet aussi aux françaises et aux français de cumuler du temps sur un compte (NDLR).

La troisième mesure concerne le pouvoir d’achat en proposant de supprimer la redevance télé. C’est une proposition cohérente avec ce que nous avons fait depuis cinq ans. Nous avons supprimé la taxe d’habitation, qui était payée en même temps que la redevance télé. Dès lors que l’on a supprimé la taxe d’habitation, il est normal de supprimer l’impôt qui allait avec, la redevance tété, et c’est un gain de pouvoir d’achat d’une centaine d’euros par an.

LL : Justement, concernant cette réforme, le but n’est pas de mettre fin à l’audiovisuel public ?

KL : Bien sûr que non, Emmanuel Macron a été très clair sur ce sujet. Il veut garantir l’indépendance de l’audiovisuel public. C’est important d’avoir un service public de l’audiovisuel, qui permette de diffuser du contenu que les chaines privés ne diffuserait pas. Nous le voyons en période présidentielle. France Télévisions diffuse les clips de campagne des candidats, c’est le rôle du service public. Il faut garantir son indépendance. Concernant le conseil constitutionnel par exemple, il fonctionne de manière indépendante. Il a un budget indépendant et il fonctionne très bien. Aucun impôt dédié au conseil constitutionnel n’est prélevé aux français. Ce qu’il faut comprendre avec cette mesure c’est qu’elle ne correspond plus à nos modes d’utilisation. Vous pouvez avoir une télévision chez vous, ne pas l’utiliser, mais payer la redevance quand même. Et inversement, vous pouvez avoir un ordinateur portable chez vous, regarder tout les jours la télévision et les programmes du service publique, écouter la radio et ne pas payer de redevance télé. Ce mode de prélèvement ne correspond plus à nos modes d’utilisation. Il est logique de la supprimer.

LL : Quand on est président sortant, comment parvenir à gagner des électeurs, qui peuvent parfois être déçu par le bilan des 5 années écoulées ?

KL : C’est avec le bilan. Quand on est candidat pour la première fois c’est compliqué parce qu’il faut qu’on puisse nous faire confiance. Je pars du principe que quand on est sortant on a un avantage, qui peut aussi être un inconvénient pour certains présidents. Notre bilan est très concret. Quand nous discutons avec les gens sur le terrain, l’accueil est beaucoup plus calme et plaisant qu’on pourrait l’imaginer parfois. Et quand nous discutons très rapidement on tombe sur des terrains d’accords. Lorsque l’on a un bilan c’est même parfois plus simple de défendre un candidat.

LL : Selon vous, quelle est la promesse la moins pertinente d’Emmanuel Macron, celle qu’il faudrait revoir ?

KL : Une chose qui ne me plaisait pas ce qui était fait c’était d’avoir sorti les maths du tronc commun. Moi ça me paraissait totalement incongru, vous vous retrouviez avec des gens qui prenait physique, SVT au lycée donc une carrière très scientifique mais qui n’avaient plus de maths car c’est sorti du tronc commun.et Pour moi c’était une erreur. Quand je vous ai dit au tout début qu’on apprenait ses erreurs, on a une proposition qui vise à remettre les mathématiques dans le tronc commun. 

LL : Concernant l’énergie, Emmanuel Macron souhaite “poursuivre la construction de 6 premières centrales nucléaires nouvelle génération” → le nucléaire, c’est effectivement le plus rentable, mais est-ce que tout est réfléchi concernant les déchets des centrales ? J’ai entendu dire que nos principales réserves étaient presque pleines ?

KL : Bien sûr qu’il faut réfléchir à tout. Quand on est aux affaires, on ne peut pas simplement réfléchir pour les dix prochaines années, il faut réfléchir pour les cinquante, cent prochaines années. C’est parfois compliqué à l’échelle humaine de se projeter mais c’est nécessaire car au fond, on est garant de ce que l’on va laisser à nos enfants et à nos petits-enfants. Sur la question du nucléaire, nous avons une vision qui n’est pas idéologique, on en revient à ce que je vous disais sur le dépassement des clivages, nous avons une vision pragmatique. Il y a un rapport qui est sorti, c’est le rapport de RTE, c’est le réseau qui transporte l’électricité en France, qui permet à chaque endroit en France. Qui de mieux que ceux qui transporte notre électricité pour savoir ce qu’il faut faire ? Ils ont fait un gros rapport d’une centaine de pages que je vous invite à aller consulter, si vous ne voulez pas il y a plein de résumés et de synthèses qui ont été faites, c’est super intéressant. Que nous dit RTE ? Ils ont étudié six scenarios. Trois scénarios sans nucléaire et trois scénarios avec nucléaire. Ce qu’estime RTE, c’est qu’à l’horizon 2050, on ne pourra pas avoir, car techniquement c’est impossible, plus de 50% de nucléaire dans notre mix énergétique. Dans notre programme, vous citez la mesure sur le nucléaire mais on a aussi la construction de cinquante parcs éoliens en mer.

On mise sur un mix énergétique. Ce que nous dit le rapport de RTE, c’est que lorsqu’on étudie tous les points, le climat, la gestion des déchets, les coûts, la durée de vie, il faut tout analyser. Ils ont fait un énorme travail, chaque scénario a été confronté à différentes situations, ce qui en ressort, c’est que le scénario qui est le plus crédible, c’est celui où il y a du nucléaire. C’est le scénario qui s’appelle « un tiers nucléaire à horizon 2050 ». Le seul rapport qui ne comporte pas de nucléaire, c’est celui de Négawatt, qui est d’ailleurs utilisé par Jean-Luc Mélenchon pour fonder son programme. Mais la réalité, c’est que c’est un rapport qui a été contesté et puis Jean-Luc Mélenchon, avant la publication du rapport Négawatt, proposait dans son programme une sortie du nucléaire beaucoup plus rapide que ce qui était prévu par Négawatt. Je crois qu’il a un peu révisé ça et qu’il désire désormais prolonger à horizon 2040. Le nucléaire, c’est à la fois notre indépendance, on le voit particulièrement avec la question de la Russie, avec le gaz russe. C’est très important d’être indépendant. Il y a aussi une énergie décarbonée. Si aujourd’hui vous regardez les cartes qui vous modélisent le niveau de Co2 qu’un pays émet pour produire de l’électricité, on regarde la carte de l’Europe, les pays qui sont en vert sont la France et quelques pays du Nord parce qu’ils ont des centrales nucléaires. Tous les pays en rouge, orange, en tout cas qui ne sont pas bien positionnés, ce sont tous les pays qui ont décidé de sortir de nucléaire. Notamment l’Allemagne, ils sont sortis du nucléaire, ils ont développé l’énergie renouvelable. Mais le problème, c’est que c’est une énergie intermittente. Quand vous n’avez pas de soleil, quand vous n’avez pas de vent, vous n’avez pas d’énergie. Le problème, c’est que notre consommation n’est pas intermittente. On a deux choix. L’énergie renouvelable mais dans ce cas-là, on aura de l’énergie intermittente. De temps en temps, le courant se coupera tout seul. Soit on fait le choix de la continuité, de permettre aux Français de bénéficier d’une électricité sans coupure et dans ce cas, il faut faire celui du nucléaire.

LL : Un peu sur ce même axe, Emmanuel Macron souhaite accentuer l’utilisation des voitures électriques. On sait que les batteries, notamment, ont une durée de vie, et contiennent des éléments dangereux, qu’on ne peut pas vraiment recycler, en tous cas pas chez nous. Comment appréhender ça si la plupart des Français s’équipent en voiture électrique ?

D’abord, quand on étudie à l’échelle de la vie du véhicule, le véhicule électrique n’est pas plus polluant. On pourrait le penser parce que oui effectivement il y a cette question des batteries qui est un sujet difficile mais quand on étudie sur le coût total de la vie, c’est à dire production, consommation d’énergie tout au long de la vie, plus après la gestion des déchets etc. Les véhicules électriques ne sont pas forcément les plus polluants. Après il faut innover, on parle beaucoup d’innovation mais il faut mettre en place des filières soit qui re-traiteront les déchets, soit qui trouveront des moyens de les rendre moins polluants, il faut trouver des solutions.

LL : Est-ce que cela ne va pas être pire avec toutes ces batteries ? Une voiture électrique va utiliser de l’électricité, cela fait tourner des centrales, encore du nucléaire. Est-ce que l’on arrive au bout ?

KL : Une énergie décarbonée, enfin l’une des plus décarbonnée quand on compare et une énergie qui n’est pas intermittente.  Je suis totalement favorable au nucléaire et encore une fois il ne faut pas être dogmatique, c’est pas que du nucléaire c’est une partie nucléaire dans un mix énergétique avec de l’éolien, du solaire, du géothermique, de l’hydrogène etc. A l’heure actuelle, à mon sens, on n’a pas mieux pour le climat que les voitures électriques donc oui il faut permettre aux Français et aux Françaises de bénéficier des voitures électriques avec, je crois, un système de leasing qui est prévu justement pour permettre aux personnes les plus modestes de bénéficier des véhicules qui seront plus propres.

LL : “Une privation de droits civiques pour ceux qui s’en prennent aux dépositaires de l’autorité publique.” Qu’est-ce que cela veut dire exactement ?

Je ne connaissais pas cette mesure. Moi ça me paraît très clair. A l’heure actuelle vous avez des gens qui sont condamnés pour un certain nombre de choses, qui vont en prison, et qui une fois qu’ils ressortent n’ont plus leurs droits civiques.  Tout ce que je lis, c’est l’idée que lorsque que quelqu’un attaque une personne qui représente l’État, qui est dépositaire de cette autorité que lui confère l’État, qu’on puisse le privé de ces droits. Cela existe déjà pour d’autre cas. Ce n’est ni plus ni moins qu’un élargissement.

Les engagements phares d’Emmanuel Macron

Études / pour les jeunes

  • Réintroduire les maths dans le tronc commun au lycée et faire une « grande réforme du lycée professionnel »
  • Limiter l’accès des enfants aux réseaux sociaux
  • Augmenter le budget alloué à la recherche fondamentale
  • Améliorer Parcoursup
  • Renforcer l’autonomie des universités
  • Généraliser l’enseignement du code informatique et des usages numériques

Politique

  • Instaurer un grand débat permanent avec les citoyens
  • Créer des conseillers territoriaux
  • Accélérer la procédure parlementaire

Santé

  • Lutter contre les déserts médicaux
  • Mettre en place un système de référent pour les renouvellements d’ordonnance
  • Recruter 50 000 infirmiers et aides-soignants dans les Ehpad

Social

  • Augmenter l’âge de départ légal à 65 ans
  • Instaurer une retraite minimale de 1 100 euros
  • Rénover au moins 700 000 logements par an sur cinq ans
  • Conditionner le RSA à une activité
  • Poursuivre la réforme de l’assurance-chômage
  • Réformer Pôle emploi
  • Construire 125 000 logements sociaux par an

Sécurité

  • Porter le budget de l’armée à 50 milliards par an en 2025
  • Lutter contre la « cybercriminalité »
  • Créer des brigades de gendarmerie et une force d’action républicaine


Hugo Petitjean, Louise Jeannin et Keziah Cretin

HISTORIQUE

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  • 12/04 : ajout de Keziah Cretin comme auteur de l'article