Université

Les étudiants bisontins en régie et arts du spectacle face à un avenir incertain

Ils s’appellent Lison, Jules, Jérémy. Ils sont tous étudiants à Besançon dans une formation où les débouchés sont compromis avec la crise sanitaire. Rencontres.

Par Loris Trullard
Publié le 27 mars 2021 à 8h46 | Dernière mise à jour le 30 juin 2021 à 20h47
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Le monde de la culture tourne au ralenti depuis un an et l’arrivée du coronavirus en France. Le quotidien des artistes, intermittents du spectacle et organisateurs d’évènements artistiques a été largement bouleversé. Les étudiants en arts et régie du spectacle, eux, voient leur avenir compromis par la crise sanitaire.

Jules Monnier est en deuxième année de régie du spectacle, option son. Il se dit « très inquiet » quant à son avenir professionnel. « Il n’y a plus de concerts ni festivals, et c’est pour ce type d’évènements que j’aimerais travailler » explique-t-il, après avoir passé la nuit à occuper le Centre Dramatique National de Besançon. Cet étudiant devrait finir ses études pour l’été 2022.

Certains seront très prochainement sur le marché du travail. C’est le cas de Jérémy Torto. Ce jeune homme de 20 ans finira ses études dans trois mois, et aurait dû intégrer le marché du travail en tant que régisseur lumière. Les demandes d’emploi, comme les évènements culturels, se font rares. Celui-ci a alors dû trouver une alternative. « Je serais peut-être animateur dans un camping. Ce job n’a rien à voir avec ce que je souhaite faire mais il me permettra d’assurer mes arrières financièrement. » Après l’été, une fois ce contrat terminé, les spectacles auront-ils repris ? Trouvera-t-il un emploi dans ce milieu ? Jérémy Torto se pose toutes ces questions. « Il m’arrive d’angoisser. Je ne sais pas si les spectacles vont reprendre, je ne sais pas si j’aurais des offres d’emploi » s’inquiète-t-il.

Je ne serai pas prioritaire, par rapport à des professionnels qui ont une famille à nourrir

Jérémy Torto, étudiant régisseur lumière

Et un autre souci se profile. Au retour des concerts et autres manifestations culturelles, les intermittents du spectacle reprendront leur activité professionnelle. Les étudiants, eux, ont peur d’être de trop sur le marché de l’emploi une fois leur diplôme en poche. « Je me doute bien que je ne serai pas prioritaire, par rapport à des professionnels expérimentés qui ont une famille à nourrir et qui doivent renouveler leur statut. » estime Jérémy Torto.

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Ces étudiants n’ont pas eu de mise en situation professionnelle avec public depuis un an. « Chaque année d’études, je dois réaliser huit semaines de stage. Mais comment en trouver un dans ces conditions ? » s’interroge-t-il. « Pas de stage, ça veut aussi dire pas d’expérience ni prise de contacts pour élargir son réseau. »

La pratique via visioconférence

Pour l’étudiante en licence arts du spectacle Lison Rossignol, s’exercer sur scène pour ses cours de théâtre est devenu difficile. Tous ses cours de pratique, qui représentent la moitié du programme, se déroulent en visioconférence. « Apprendre la danse à distance, ça ne marche pas ! » lance-t-elle. « J’ai vraiment l’impression d’avoir perdu une année. Je n’ai pas progressé en chant, par exemple » observe la Bisontine.

Celle-ci confirme sa motivation à évoluer dans le milieu artistique, mais regrette le découragement de certains. « Des amis ont quitté la filière pour partir dans un domaine totalement différent. Ils auraient sûrement continuer en arts du spectacle si la crise sanitaire n’avait pas eu lieu » considère Lison Rossignol.

En attendant la reprise d’activités culturelles, diverses actions ont été organisées partout en France par les professionnels de la culture. Les étudiants du DN MADE régie du spectacle de Besançon interviennent lundi 29 mars au lycée Pasteur. L’objectif ici est de sensibiliser les lycéens à l’importance des différents métiers essentiels à la tenue d’un spectacle, concert ou festival.


Par Loris Trullard

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