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Difficultés du département Info Com : entretien avec Hélène Romeyer, responsable du master Information-Communication

Les responsables du département Information-Communication n'ont pas été très convaincus des annonces de l'Université concernant la situation délicate du département. Échange avec Hélène Romeyer, responsable du master Information-Communication.


Hugo Petitjean
Le 8 janvier 2021 à 13h00, mis à jour le 31 mars 2021 à 11h23

Depuis combien de temps avez-vous ce sentiment d’abandon de la part de la présidence de l’Université  ?

« Je ne suis pas sûre de valider l’expression « sentiment d’abandon ». Il s’agit en fait d’arbitrage, de choix politiques.  Nous faisons l’amer constat qu’en dépit de nos effectifs, en dépit du succès de nos formations, en dépit des indicateurs chiffrés sur notre capacité d’encadrement, nous ne bénéficions d’aucune création de poste. Et nous ne trouvons pas d’arguments, de justification à cet état de fait. »

Selon vous, qui est responsable de cette situation ?

« Je ne pense pas que nous soyons capable de désigner des « responsables », ni que ce soit notre rôle. Il faut poser la question à d’autres. Nous, le constat que nous faisons c’est que nous avons été désigné comme prioritaire lors d’une réunion du collegium, que l’UFR nous désigne aussi comme une priorité, que nos filières rencontrent un succès au niveau de ses candidats comme de ses débouchés mais, quand les arbitrages sont fait au niveau de l’établissement, nous sommes écartés des priorités. »

Qu’est-ce qui a déclenché cette médiatisation du problème, et ces réunions de crise ?

« De ce que j’en sais : les étudiants eux-mêmes, qui se rendent compte de la situation dégradée d’enseignement et qui craignent les conditions pour la rentrée prochaine. Me concernant, j’ai été contactée par un journaliste de France 3 qui me demandait de réagir à un communiqué de presse qu’ils avaient reçu de la part des étudiants. »

On l’a vu, les étudiants se sont mobilisés face à cette situation. Est-ce que, du côté de la direction du département Information-Communication, vous avez mené des actions également ?

« Nous avons alerté dès l’an dernier le rectorat, et nous avons écrit à la présidence de l’université début décembre pour réclamer des moyens humains, c’est-à-dire des enseignants, pour la prochaine rentrée. Nous n’avons reçu aucune réponse de la présidence de l’université. »

Aujourd’hui, concrètement, quelles sont vos craintes ?

« Ce dont a besoin le département c’est de moyens humains pour pouvoir assurer ses missions de formation correctement. Cette année nous avons dû transformer des TD en CM et même supprimer certaines heures par manque d’enseignants. Nous avons tenté de trouver des solutions. Mais là nous sommes au bout des solutions que nous pouvons mettre en place »


Hélène Romeyer est responsable du master Information-Communication, et vient de quitter ses fonctions de directrice du département qu’elle occupait depuis décembre 2017, n’ayant pas sollicité de deuxième mandat. C’est Julien Péquignot qui lui a succédé.

Les premiers éléments de réponse apportés par l’Université, qui affirmait son soutien au département, n’avaient pas vraiment convaincu.

De notre côté, nous avons interrogé la présidence de l’Université au sujet de cette fameuse lettre envoyée par les responsables du département Information-Communication. L’Université n’a pas souhaité communiquer à ce sujet. Concernant les postes demandés, la réponse apportée fait état de restrictions budgétaires et d’incapacité à créer de nouveaux postes.

La Présidence regrette des restrictions budgétaires

Au vue d’un contexte budgétaire restreint, l’université de Franche-Comté a fait le choix d’assurer le remplacement des départs, sans pouvoir créer de nouveaux postes.

Direction de la communication de l’Université de Franche-Comté

Selon l’Université, la volonté est là mais le portefeuille ne suit pas. Selon la marche à suivre, les demandes faites par les différentes composantes remontent aux collegiums (des groupes composés de plusieurs unités de formation, NDLR). Ces derniers sont ensuite chargés d’étudier la faisabilité des demandes en fonction de la politique actuelle de l’Université, ainsi que de son budget, et enfin de les proposer aux différentes instances décisionnelles de l’Université.

« Au vue d’un contexte budgétaire restreint imposé à toutes les universités,  l’Université de Franche-Comté a fait le choix de maîtriser sa masse salariale en assurant le remplacement des départs en retraite et mutations, mais sans pouvoir créer de nouveaux postes », écrit l’Université.

Pourtant, la direction de la communication insiste et renouvelle le soutien de la présidence témoigné au département il y a quelques semaines. « L’Université met tout en œuvre pour assurer à ses étudiants et à ses enseignants les meilleurs conditions de travail possibles. La priorité dont il a été question en réunion de collegium ne concernait que l’éventualité d’une création de poste, ce qui n’est pas possible à l’heure actuelle. », conclut l’Université.



Hugo Petitjean