Culture et loisirs

Entre incertitudes et projets, l’équipe de la Poudrière de Belfort reste motivée

Léna Feghoul
Le 9 mars 2021 à 7h00, mis à jour le 23 février 2022 à 16h15

Depuis le 30 octobre dernier, la salle de concert de la Poudrière est fermée en raison de la situation sanitaire. L'équipe de la salle est cependant toujours déterminée à faire vivre la musique.

La Poudrière, comme toutes les autres salles de concerts en France, est fermée en raison de la crise sanitaire depuis le 30 octobre dernier. La situation est compliquée pour ces lieux de fêtes qui sont dans le flou et l’incompréhension. Malgré tout, l’équipe de la Poudrière garde espoir pour cet été.

À cause de la situation sanitaire, en 2020, la Poudrière a enregistré 74% de baisse de recette propre. Cette salle qui, habituellement, reçoit 18 à 19 000 personnes par an n’en a reçu que 5 000 l’année dernière. Les quelques concerts limités à 40 spectateurs effectués en septembre et octobre 2020 ne sont pas des modèles économiques assez stables, ce sont mêmes des concerts à perte. La Poudrière étant un SMAC (Scène de Musiques ACtuelles), a la chance d’avoir des tutelles de la Ville, du Département, de la Région et de l’Etat et d’être subventionné par le Ministère de la Culture. Ces aides permettent à la salle de tenir économiquement.

Cette situation est surtout difficile moralement pour l’équipe de la salle de spectacle : « C’est compliqué de faire et défaire, on tricote des programmations qu’on détricote quelques mois après. » explique Vincent Ilhe, directeur de la salle de spectacle la Poudrière.

La culture mise de côté 

Les quatre à cinq premiers mois de l’épidémie, les salles de concerts comme la Poudrière ont dû faire face à un silence du gouvernement. L’équipe de ce SMAC n’avait aucune information précise et ne savait donc pas où ils allaient. Après avoir pu organiser quelques concerts durant la période estival, la salle a du refermer ces portes avec le deuxième confinement. Ils n’ont malheureusement pas encore pu rouvrir. Les dernières annonces faites par Roselyne Bachelot expliquent que pour les festivals, seuls les rassemblements assis de 5 000 personnes pourraient avoir lieu cet été. Par ailleurs rien n’est encore précis sur les fonctionnalités en ce qui concerne les salles de concerts. 
Ce flou vient avec l’incompréhension des décisions prises par le gouvernement. Certains acteurs du monde de la culture ne comprennent pas cette iniquité entre les secteurs. « Pourquoi est-il impossible de mettre des personnes assises masquées dans des salles de concerts alors que l’on peut prendre des transports en commun remplis chaque jour ? »  s’interroge le directeur de la Poudrière. Il rajoute : « On le vit clairement comme une forme d’injustice ».

L’équipe de la Poudrière ne veut pas minimiser la crise sanitaire mais estime qu’on ne leur laisse pas la possibilité d’exercer leur métier correctement. 
Les SMAC et autres salles sont considérés comme « non essentiel » depuis le début de l’épidémie. Certaines équipes de lieux culturels se sentent donc complétement mises de côté et se questionnent sur le sens de leur métier et de leurs actions.

« Les concerts tests sont une nécessité »

Après la réussite du premier concert test en Espagne, la France va aussi suivre le pas avec deux concerts tests prévus à l’AccorHôtels Arena de Paris et au Dôme de Marseille. Pour l’équipe de la Poudrière les concerts tests sont une solution pour dédiaboliser la fête. « Les concerts tests sont donc une nécessité pour prouver que l’on est des gens compétents et capables de respecter un protocole sanitaire strict et qu’il n’y a pas plus de risque à aller dans un lieu culturel que d’aller faire les boutiques » souligne Vincent Ilhe.

Malgré tout, ces concerts posent beaucoup de questions sur la praticité des tests à l’entrée, sur le possible passeport vaccinal et sur l’atteinte aux libertés. Beaucoup de questions et peu de réponses de la part de l’Etat qui semble avoir donné une feuille de route peu claire.

Des projets en cours

Malgré la fermeture des salles, la Poudrière ne reste pas sans projet. Ils essayent de toujours programmer et d’imaginer des projets compatibles avec la situation sanitaire.
Pour la saison estivale, ils envisagent des formules alternatives tenables sur le plan économique et sanitaire. Ils se projettent tout comme ils l’avaient fait l’année dernière sur des événements hors les murs tels que des concerts à l’extérieur ou des randonnées musicales avec des artistes locaux, qui allient musique, nature, patrimoine et tourisme. 
La Poudrière étant un SMAC, ils n’ont par ailleurs pas que les concerts à gérer. Une partie de leur métier est de soutenir les musiciens, ce qu’ils font en organisant des résidences pour qu’ils continuent à produire de nouvelles choses. De plus ils effectuent des actions culturelles en direction des populations. Un de leur projet actuel est l’action d’artistes locaux au sein d’une école primaire de la région durant le mois de mars. 

L’objectif de l’équipe de la Poudrière, c’est de proposer de la musique car c’est là qu’est son travail.



Léna Feghoul