Commerces et services

Baisse de 40 % de l’abonnement Ginko pour les étudiants dès juillet

Le prix des transports en commun bisontins fait souvent débat en conseil et pour cause, une partie des grandes villes de France ont passé le cap de la gratuité des transports en commun. Jeudi 23 juin dernier, en conseil communautaire, les élus du Grand Besançon ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur la gratuité des transports pour les étudiants. Toutefois, ils ont adopté une réduction de l'abonnement Ginko pour ces derniers, passant de 28 € par mois à 16,80 € dès le 1ᵉʳ juillet prochain.


Hugo Petitjean
Le 27 juin 2022 à 18h44

Une mesure réservée aux étudiants et apprentis

L’évolution concerne les étudiants ou apprentis voyageant sur le réseau Ginko (bus ou trams). Suite au vote du conseil communautaire (équivalent du conseil municipal pour le Grand Besançon), Ginko mettra en place un tarif d’abonnement spécial pour les étudiants et apprentis de moins de 28 ans. Ils bénéficieront du tarif actuellement réservé aux 4/17 ans, soit 16,80 € par mois pour l’abonnement mensuel ou 180 € par an pour l’abonnement annuel.

Jeudi dernier, environ un tiers des élus ont voté en faveur de cette mesure, avec 80 votes pour (soient environ 66 %) et 41 votes contre. En revanche, sur la question de l’application de cette réduction à tous les 18-25 ans quel que soit leur statut, les élus ont été plus frileux et ont rejeté la mesure à 65 %.

« Le conseil communautaire aurait pu aller plus loin » pour les élus écologistes

Les élus écologistes avaient voté en faveur de cette réduction pour tous les jeunes de moins de 26 ans et regrettent que cette mesure n’ait pas été adoptée. « Elle constituait une première étape vers ce que l’équipe de Besançon par Nature avait défendue au moment des municipales. Elle aurait pu permettre un report de la voiture individuelle vers les transports en commun. Et, avec cela, une meilleure qualité de l’air, une baisse des émissions de gaz à effet de serre et un gain de pouvoir d’achat », écrit Tilale El Yousfi, co-secrétaire du groupe écologiste (EELV) du Grand Besançon dans un communiqué.

L’année dernière, le service de transport Ginko a coûté plus de 62 millions d’euros à la communauté d’agglomération du Grand Besançon, dont plus de 16 % avaient été financés par les voyageurs sous forme de ticket à l’unité ou d’abonnements.

Encore du chemin avant la gratuité

Nous espérons la mise en place à l’avenir d’une tarification ambitieuse pour le climat et pour le pouvoir d’achat des habitants du Grand Besançon.

Tilale El Yousfi, co-secrétaire du groupe EELV du Grand Besançon

Cette mesure est un bon coup de pouce financier aux étudiants qui doivent se déplacer en bus ou en tramways, notamment aux périodes scolaires. Mais ce vote démontre que du chemin est encore à parcourir pour imaginer la gratuité des transports en commun à Besançon, comme ont déjà pu le mettre en place une quarantaine de villes en France, dont Dunkerque, Lille, Montpellier ou encore Valenciennes.

Des modèles nationaux

Selon l’Observatoire des villes du transport gratuit, il existe de nombreuses villes qui ont rendu leurs transports en commun totalement gratuits. Parmi elles : Dunkerque, Porto-Vecchio, ou encore Aubagne.

Certaines ont, quant à elles, restreint le public pouvant bénéficier de la gratuité. En janvier dernier, Lille a par exemple accordé la gratuité des transports aux jeunes de moins de 18 ans habitant la métropole lilloise. À Paris, tous les jeunes de moins de 18 ans peuvent également bénéficier des transports gratuits (qui leur sont remboursés), tout comme à Strasbourg et à Montpellier.



Hugo Petitjean