Commerces et services

« Avez-vous validé votre titre de transport ? » : le nouveau fraudomètre de Ginko pour limiter la fraude

Hugo Petitjean
Le 11 mai 2022 à 9h13, mis à jour le 11 mai 2022 à 12h06

Depuis ce lundi, Ginko a lancé l'expérimentation de son "fraudomètre" sur les lignes L4 et L5. Grâce aux données de capteurs de montées et descentes, combinées à celles du valideur, le "fraudomètre" pourra afficher le taux de non-validation à bord, mais également faire remonter en temps réel les données aux équipes de contrôle Ginko.

« Je monte, je valide ! » Le message est rabâché à tous les usagers des transports Ginko. Pourtant, malgré cela, certains n’hésitent pas à embarquer à bord des bus et trams bisontins sans valider leur carte, s’exposant ainsi à une amende de 70 €. Alors pour lutter contre la fraude, Ginko a décidé de se faire épauler par un cabinet lyonnais pour mettre au point son « fraudomètre ».

« Vous avez oublié de valider ? »

Dans les 125 véhicules dont dispose Ginko, des capteurs sont placés à proximité des portes afin de compter précisément à chaque arrêt le nombre de montées et de descentes des voyageurs. Grâce aux données de validation récoltées par le valideur, le fraudomètre pourra indiquer le taux de validation constaté à chaque arrêt (nombre de validations à l’arrêt par rapport au nombre de personnes montées dans le véhicule).

Les écrans numériques afficheront alors un message pour féliciter l’ensemble des voyageurs quand le taux de validation est élevé. Au contraire, les voyageurs pourront lire à l’écran qu’ils sont les « mauvais élèves » lorsque peu de voyageurs valident leurs cartes.

© Keolis / Ginko

De la pédagogie et des remontées aux services de contrôle

Appuyé sur une théorie des sciences comportementales, ce dispositif vise à faire de la pédagogie et à « inciter les individus à adopter un comportement plus vertueux au quotidien, sans jamais chercher à les contraindre », précise Ginko. En plus de l’affichage sur les écrans, le taux de validation constaté sera envoyé en temps réel aux services de contrôle de Ginko, qui pourront rapidement dépêcher une équipe de contrôleurs sur place lorsque le taux de validation est bas.

L’occasion pour Ginko de rappeler que la fraude peut coûter gros (70 € pour un titre non validé ou un voyage sans titre lorsque l’amende est réglée immédiatement) et que l’équipe de contrôleurs procède à 30 000 contrôles par mois, 7 jours sur 7.

Un cas unique en France

Associé à un cabinet lyonnais spécialisé en sciences comportementales, le groupe Keolis est le premier à proposer ce dispositif sur un de ses réseaux, en l’occurrence, celui de Ginko. Pour le moment, seuls les véhicules des L4 et L5 sont concernés par l’expérimentation qui se poursuivra jusqu’en juillet 2022. Si elle s’avère concluante, Ginko prévoit déjà de généraliser ce dispositif à l’intégralité de ses lignes et véhicules.

Un « contrôle à la chinoise » qui fait grincer des dents

Ginko se réjouit de ce nouveau dispositif anti-fraude, mais d’autres dénoncent un « contrôle à la chinoise ». « Immonde », écrit un internaute sur Twitter. « Capteurs, caméras, pointeuses, logiciels, écrans avec messages en temps réel, signalements aux agents verbalisateurs… Ça fait pas mal », poursuit-il en qualifiant ce dispositif de « chasse aux pauvres ».

À cette occasion, plusieurs internautes n’ont pas manqué de faire ressurgir les promesses faites par Anne Vignot avant son élection : rendre les transports en commun gratuits pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires des minima sociaux ainsi que pour tous, le samedi. Des mesures qui n’ont pas vu le jour pour le moment et que l’actuelle maire de Besançon pourra mettre en place jusqu’en 2026, fin de son mandat, si elle souhaite tenir ses engagements.



Hugo Petitjean