La boucle du Doubs trace un méandre quasi parfait autour du centre historique de Besançon, formant une presqu’île de 4,2 km de périmètre. Ce circuit pédestre relie la Porte Noire, la cathédrale Saint-Jean, le Palais Granvelle et les quais en longeant 194 monuments protégés. Besançon concentre ici le deuxième plus grand secteur sauvegardé de France avec 238 hectares classés.
Place de la Révolution : le point de départ
Le circuit démarre place de la Révolution, ancienne place du Marché. Les arcades des XVIe et XVIIe siècles encadrent un espace où se tient chaque samedi matin un marché de producteurs locaux : comté affiné 18 mois, morbier, saucisse de Morteau fumée au tuyé. Comptez une bonne heure pour faire le tour des étals.
Le Musée des Beaux-Arts occupe l’angle sud-est. Fondé en 1694, c’est l’un des plus anciens musées publics de France. Ses salles exposent Cranach, Bellini, Courbet et Bonnard. Environ 60 000 visiteurs franchissent ses portes chaque année. La façade néoclassique donne le ton architectural du reste de la promenade.
Grande Rue et Palais Granvelle
Depuis la place, la Grande Rue s’étire d’ouest en est à travers la presqu’île. Cette artère piétonne concentre les plus belles façades de la vieille ville.
Au numéro 140 : la maison natale de Victor Hugo. L’écrivain y voit le jour le 26 février 1802. Une plaque en façade rappelle cette filiation que Besançon revendique avec fierté, même si Hugo quitte la ville quelques semaines après sa naissance.
Plus loin, le Palais Granvelle impose sa silhouette Renaissance. Bâti entre 1532 et 1540 pour Nicolas Perrenot de Granvelle, chancelier de Charles Quint, il abrite aujourd’hui le Musée du Temps. La cour intérieure à colonnade vaut le détour. Les collections retracent l’histoire de Besançon comme capitale française de l’horlogerie : montres de précision, horloges monumentales, instruments de mesure. Le musée ouvre du mardi au dimanche, avec un accès gratuit chaque premier dimanche du mois.
Porte Noire : arc romain du IIe siècle
La Grande Rue débouche sur le monument le plus ancien de la ville. La Porte Noire culmine à 16,56 mètres de hauteur. Cet arc de triomphe gallo-romain date de 177-180 après J.-C., érigé sous Marc Aurèle pour célébrer ses victoires contre les Germains et les Sarmates.
Sur ses faces, des bas-reliefs sculptés figurent des divinités, des scènes mythologiques et des motifs végétaux. La patine sombre qui recouvre la pierre lui a donné son nom au fil des siècles. L’arc marquait l’entrée du cardo maximus de Vesontio, la Besançon romaine.
Un square juste derrière offre un premier panorama sur la Citadelle Vauban qui domine le site depuis 1674. Quatre ouvrages de Vauban sont ici inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 : la Citadelle, les remparts, le bastion de Bregille et la tour de la Pelote.
Cathédrale Saint-Jean et horloge astronomique
À quelques pas de la Porte Noire, la cathédrale Saint-Jean présente une particularité rare : deux absides opposées. Cette double orientation résulte de campagnes de construction étalées du IXe au XVIIIe siècle. Aucune autre cathédrale française ne reproduit cette configuration.
Le tableau de la Vierge aux Saints de Fra Bartolomeo, offert par Florence au XVIe siècle, mérite une halte dans la nef. Mais la pièce maîtresse se trouve dans le bas-côté nord : l’horloge astronomique construite entre 1857 et 1860 par Auguste-Lucien Vérité. Ses 30 000 pièces animent 57 cadrans qui délivrent 122 indications simultanées : marées, éclipses lunaires et solaires, positions planétaires, heures dans 20 villes du monde. Des visites commentées rythment la semaine. L’entrée de la cathédrale reste libre.
Les quais : panorama sur la Boucle
Depuis la cathédrale, la rue de la Convention descend vers les berges du Doubs. L’ambiance change : les rues commerçantes laissent place aux platanes et au bruit de l’eau.
Le quai Vauban longe la rivière vers le nord. Sur ce tronçon, trois repères à noter :
- Le Kursaal, salle de spectacle art déco inaugurée en 1934, accueille concerts et festivals bisontins tout au long de l’année.
- Les anciens moulins reconvertis, vestiges de l’activité hydraulique qui animait les berges.
- Le Pont Battant, passage vers le faubourg historique de la rive droite.
Au printemps et en été, les terrasses des restaurants du centre s’ouvrent face à la rivière. Des bateaux-promenade proposent aussi le tour complet de la Boucle, avec une perspective différente sur les façades de pierre ocre.
Quartier Battant : faubourg des vignerons
Le Pont Battant franchi, le faubourg du même nom déroule ses ruelles médiévales. Battant est attesté depuis l’époque gallo-romaine. Son nom vient du latin fons batenti : le ruisseau de la Mouillère actionnait un battoir à fouler le drap.
Les vignerons ont dominé la vie du quartier jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ils représentaient entre la moitié et les trois quarts de la population locale. Les habitants portent encore le surnom de Bousbots, héritage de la résistance des vignerons face aux Huguenots de Montbéliard lors de la nuit du 20 au 21 juin 1575. Secteur sauvegardé depuis 1964, le quartier mêle aujourd’hui boutiques artisanales, galeries et bistrots.
La tour de la Pelote, vestige des fortifications médiévales, garde l’entrée nord. Plus haut, l’église Sainte-Madeleine et la place Bacchus complètent la visite. Le retour vers la Boucle se fait par le même pont ou par la passerelle piétonne en aval.
Retour par les quais sud
Repassez côté presqu’île et longez le quai de Strasbourg vers le sud-est. Les façades ocre et grise de Battant se reflètent dans l’eau calme du Doubs. Le parcours passe devant le pont de Bregille, les anciens bains-douches reconvertis, puis rejoint le pied de la Citadelle.
Deux options pour boucler : remonter par la rue Mégevand jusqu’à la place de la Révolution, ou entreprendre l’ascension vers la Citadelle. Cette dernière accueille entre 250 000 et 300 000 visiteurs par an, ce qui en fait le monument le plus fréquenté de Franche-Comté.
Infos pratiques
| Donnée | Détail |
|---|---|
| Distance | 4,2 km (circuit plat, accessible à tous) |
| Durée | 2 h 30 à 3 h, pauses photos comprises |
| Chaussures | Confortables et plates, le parcours est pavé |
| Poussettes | Accessibles sur la majorité du tracé |
| Restauration | Place de la Révolution, rue des Granges, quais |
| Pique-nique | Pelouses des quais, square de la Porte Noire |
Meilleur créneau : le matin en semaine pour éviter la foule. Le samedi matin, le marché de la place de la Révolution ajoute une dimension gourmande. En fin d’après-midi, la lumière rasante sur la pierre de Chailluz transforme les façades.
Les spécialités franc-comtoises se dégustent à chaque halte : cancoillotte tiède sur une tartine, comté 24 mois en fin de parcours, ou mont d’or chaud si vous venez entre septembre et mars.
Prochaine étape
Téléchargez le plan du circuit sur le site de l’office de tourisme de Besançon. Repérez les trois monuments qui vous intéressent le plus. Bloquez une matinée complète. La Boucle du Doubs livre ses détails à ceux qui prennent le temps de lever les yeux au-dessus des vitrines.