Que faire autour de Besançon ? Le plus simple : choisir selon le temps de route. La grotte d’Osselle se visite à 25 minutes, la source de la Loue à 45, le Saut du Doubs à une heure. Ce guide classe cascades, grottes, lacs et villages par rayon de trajet, pour décider vite selon la journée disponible.
Trois cercles autour de la capitale comtoise
Le Doubs se découpe naturellement en trois rayons depuis Besançon :
- moins de 30 minutes : la grotte d’Osselle, Ornans et la basse vallée de la Loue, la forêt de Chailluz pour une simple bouffée d’air
- entre 30 et 45 minutes : le gouffre de Poudrey, la source de la Loue à Ouhans, la Saline royale d’Arc-et-Senans
- environ une heure : le Saut du Doubs, le lac de Saint-Point et la Source Bleue de Malbuisson
Un après-midi libre suffit pour le premier cercle. Les deux autres méritent une journée entière, avec une halte dans un village ou une fruitière du secteur. Cette logique de rayons évite le piège classique : sous-estimer le trajet, arriver après le départ de la dernière visite guidée et rentrer frustré. Pour rester au plus près de la ville, les balades autour de Besançon couvrent déjà le rayon pédestre.
La grotte d’Osselle, 13 degrés toute l’année
À 25 minutes à l’ouest de Besançon, la grotte d’Osselle déroule 1,2 km de galeries visitables, l’un des plus longs parcours souterrains ouverts au public en France. Découverte au XIIIe siècle, elle figure parmi les plus anciennes cavernes touristiques du monde : les premiers visiteurs ont signé ses parois dès 1504, rappelle l’office de tourisme du Doubs.
Le site cache une autre singularité. Ses galeries abritent la plus grande nécropole d’ours des cavernes connue, avec des squelettes complets mis au jour sur place.
La température reste bloquée à 13 °C, hiver comme été. La visite guidée dure 1 h 15 environ, sans passage sportif : le parcours est plat, éclairé et praticable par des grands-parents comme par des enfants en bas âge. Prenez un gilet, même en pleine canicule : le contraste thermique surprend à la sortie.
Le passage marquant reste la galerie traversée par une rivière souterraine, franchie sur un pont de pierre bâti en 1751, indique le site officiel de la grotte. Les guides racontent aussi l’épisode des prêtres réfractaires cachés dans la grotte pendant la Révolution, une couche d’histoire humaine qui double l’intérêt géologique.
Ornans et la basse vallée de la Loue
À 25 km au sud-est, Ornans aligne ses maisons sur pilotis au-dessus de la rivière, un décor qui lui vaut son surnom de petite Venise comtoise. La ville natale de Gustave Courbet consacre un musée au peintre, installé dans sa maison d’enfance face à la Loue.
Le tour classique tient en une demi-journée :
- le miroir de la Loue, ce plan d’eau où se reflètent les façades du bourg
- le musée Courbet et ses collections consacrées au maître du réalisme
- une remontée de la vallée en voiture jusqu’à Lods et Mouthier-Haute-Pierre, deux villages vignerons accrochés aux gorges
La lumière de fin d’après-midi donne les plus belles photos sur le miroir. Les matinées d’automne, la brume sur la rivière compose un tableau digne du peintre local.

Le gouffre de Poudrey, un million de mètres cubes sous terre
Direction Pontarlier par la N57 : à 30 minutes de Besançon, le gouffre de Poudrey s’ouvre sous le plateau d’Étalans. Sa salle unique, longue de 130 mètres, développe un volume proche du million de mètres cubes à 70 mètres sous la surface. C’est la plus grande salle souterraine aménagée de France, d’après France 3 Bourgogne-Franche-Comté.
La descente se fait par escaliers aménagés, avec un spectacle son et lumière sur les piliers stalagmitiques. Comptez une heure sur place. Le site se combine très bien avec le Dino-Zoo voisin pour une sortie familiale complète, les deux entrées se trouvant sur la même commune.
La source de la Loue, le grand théâtre karstique
À 45 minutes de route, sur la commune d’Ouhans, la Loue jaillit d’un porche de 60 mètres de large creusé dans une falaise de plus de 100 mètres. Un sentier aménagé de 500 mètres descend du parking jusqu’au pied de la résurgence, alimentée par un réseau souterrain d’environ 600 km², selon l’office de tourisme Destination Loue Lison.
Le spectacle change avec la météo. Après de fortes pluies, le débit gronde et la vapeur d’eau remonte la reculée. En étiage d’été, la vasque turquoise se laisse approcher calmement. Courbet a peint cette source à quatorze reprises : le cadrage n’a presque pas bougé depuis.
Grimpez ensuite au belvédère du Moine de la Vallée, sur la route du retour : la vue plonge sur les gorges de Nouailles.
La Saline royale d’Arc-et-Senans, l’échappée UNESCO
À 35 minutes au sud-ouest, la Saline royale d’Arc-et-Senans expose le chef-d’œuvre de l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, bâti entre 1775 et 1779 pour produire du sel sous Louis XV. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982.
L’ancienne manufacture en demi-cercle se visite comme une utopie architecturale. Son parc de 13 hectares accueille chaque année un festival des jardins de juin à octobre, avec une trentaine de créations paysagères renouvelées, d’après le site officiel de la Saline royale. Le musée Ledoux, unique musée d’Europe consacré à un architecte, présente une soixantaine de maquettes.
Réservez la visite un jour de festival : les jardins éphémères transforment la sortie patrimoine en promenade végétale.

Le Saut du Doubs, la cascade des records
Comptez une heure de route vers Villers-le-Lac, à la frontière suisse. Là, le Doubs franchit une chute de 27 mètres, classée Grand Site national avec les bassins qui la précèdent. Le site attire près de 200 000 visiteurs par an, selon l’office de tourisme du Pays Horloger.
À pied ou en bateau
Deux approches valent le coup :
- à pied, par le sentier des bassins depuis Villers-le-Lac, environ 3 km aller le long des gorges
- en bateau, avec les compagnies de navigation qui remontent les bassins avant de déposer les passagers à quelques minutes du belvédère
La version bateau plus marche courte convient aux familles. Les marcheurs préfèrent la boucle complète, à rallonger côté suisse pour les plus motivés.
La bonne saison pour y aller
Un mot sur la saison : le débit de la chute varie énormément. Après un été sec, le Saut se réduit à un filet ; à la fonte des neiges ou après un gros épisode pluvieux, le grondement s’entend depuis le sentier bien avant d’arriver au belvédère. Vérifiez les conditions avant de partir, l’expérience change du tout au tout.
Le lac de Saint-Point et la Source Bleue
Toujours à une heure de Besançon, près de Pontarlier, le lac de Saint-Point étire ses 7,2 km de long à 850 mètres d’altitude. C’est l’un des plus grands lacs naturels de France, d’après l’office de tourisme Destination Haut-Doubs. Baignade surveillée en été, paddle, pêche et tour du lac à vélo composent le menu des beaux jours.
Sur la rive de Malbuisson, un sentier forestier mène à la Source Bleue, une vasque karstique d’un turquoise irréel. La légende locale y voit les larmes d’une châtelaine ; la géologie y lit une résurgence filtrée par le calcaire. Les deux versions se racontent très bien au bord de l’eau.
Le détour par Remoray
Les marcheurs prolongent volontiers vers le lac voisin de Remoray, classé réserve naturelle nationale : pas de baignade là-bas, mais des observatoires à oiseaux et une quiétude que Saint-Point ne connaît plus en plein mois d’août. L’hiver, quand le gel s’installe durablement, le secteur devient un but de sortie raquettes très couru.
Que faire autour de Besançon le dimanche
Le dimanche resserre les options en ville, la campagne prend le relais. Trois valeurs sûres :
- une boucle en forêt de Chailluz, 1 673 hectares aux portes de la ville, avec le parc animalier en accès libre
- un village de caractère : Baume-les-Dames et son abbaye bénédictine, à 30 km au nord-est, avec les bords du Doubs pour digérer
- une randonnée autour de Besançon au départ de la Chapelle des Buis ou des Prés-de-Vaux
Le déjeuner s’organise autour d’une table de terroir. Une assiette de spécialités franc-comtoises dans une ferme-auberge du premier plateau reste la conclusion la plus fiable d’un dimanche réussi.

Et s’il pleut ?
La pluie ne condamne pas la sortie, elle la déplace sous terre ou sous toit :
- la grotte d’Osselle et le gouffre de Poudrey, insensibles à la météo par définition
- la Saline royale, dont les expositions et le musée Ledoux se parcourent au sec
- le repli urbain : la Citadelle Vauban et ses trois musées occupent une journée entière
Petit bonus des jours gris : les sites souterrains tournent à plein en été caniculaire, mais restent calmes sous la pluie d’automne. Vous visitez alors sans file d’attente.
En famille : les valeurs sûres du rayon d’une heure
Avec des enfants, la règle d’or tient en une phrase : une attraction principale, un temps de route court, une récompense à la clé. Le Dino-Zoo d’Étalans coche toutes les cases, avec ses reconstitutions grandeur nature sur un parcours ombragé. Le bateau du Saut du Doubs transforme le trajet en aventure. La grotte d’Osselle fascine dès 5 ou 6 ans, à condition d’annoncer la fraîcheur.
Le bon tempo de la journée
Un détail qui sauve des sorties : prévoyez l’activité principale le matin, quand l’attention est au maximum, et gardez la baignade ou le goûter pour l’après-midi. Le combo Poudrey le matin puis Dino-Zoo après le pique-nique fonctionne remarquablement bien, les deux sites étant à cinq minutes l’un de l’autre.
Pour les jours sans voiture, les activités de Besançon avec enfants restent accessibles à pied ou en bus depuis le centre.
Composer votre programme
Prochaine étape : bloquez une date, choisissez votre cercle et vérifiez les horaires du site retenu la veille, la plupart des visites guidées partant à heures fixes. Un après-midi libre : Osselle ou Ornans. Une journée complète : source de la Loue puis Saline royale, ou Saut du Doubs par bateau. Le premier essai appelle presque toujours le second.
