Un premier voyage en famille se construit autour des enfants, pas d’une liste de lieux : une destination adaptée à leur âge et à la saison, peu d’étapes, un trajet supportable depuis Besançon et des journées qui gardent du vide. Voici comment préparer ce grand départ sans épuiser personne, du choix du pays jusqu’à la valise.
Quelle destination choisir pour un premier voyage en famille ?
La bonne destination dépend d’abord de l’âge des enfants, ensuite de la saison, et seulement après de vos envies d’adultes. Un pays qui fait rêver les parents peut devenir une épreuve pour un enfant de trois ans qui supporte mal la chaleur ou les longs transferts. Posez la question à l’envers : qu’est-ce que chacun, du plus jeune au plus grand, sera capable de vivre avec plaisir pendant une ou deux semaines ?
Avant 3 ans : la proximité avant l’exotisme
Un bébé se moque du dépaysement. Il a besoin de ses repères : ses heures de sieste, ses repas, un lit stable, des parents disponibles. Pour cet âge, privilégiez un trajet court ou direct, un climat doux et un seul hébergement pour toute la durée du séjour. Le Portugal, l’Italie ou une côte française hors pleine saison répondent souvent mieux à ces besoins qu’un long-courrier avec escale.
De 4 à 10 ans : l’âge de la découverte
Entre 4 et 10 ans, les enfants marchent, posent des questions et se souviennent. C’est la tranche la plus facile pour un premier grand voyage. Ils acceptent un dépaysement fort, à condition que chaque journée contienne un moment pensé pour eux : des animaux, une plage, un bateau, des ruines où courir, un marché plein de couleurs. Le Maroc séduit souvent cet âge avec ses souks, ses paysages de désert et ses nuits dans une maison traditionnelle, pourvu que les distances entre les étapes restent raisonnables.
Préados et ados : les associer dès le choix
Après 11 ou 12 ans, l’enjeu change. Un adolescent qui n’a pas participé au choix risque de subir le voyage. Proposez-lui deux ou trois options et laissez-le défendre la sienne. Les séjours actifs fonctionnent bien à cet âge (randonnée, snorkeling, grandes villes, cuisine de rue), tout comme les destinations qui résonnent avec une passion : le Japon pour un lecteur de mangas, l’Afrique australe pour un amoureux des animaux.
Le calendrier compte autant que la carte
Les vacances scolaires fixent la fenêtre, pas la destination. Une même région peut être idéale au printemps et étouffante en plein été. Avant de trancher, vérifiez le climat de la période visée auprès de l’office de tourisme du pays ou d’un service météorologique officiel : chaleur, saison des pluies, affluence. Pour un premier départ, visez une saison douce plutôt qu’un pic de fréquentation. Moins de files d’attente, des enfants moins fatigués, des parents plus détendus.
Moins d’étapes, plus de temps sur place
L’erreur la plus fréquente d’un premier grand voyage avec des enfants tient en un mot : l’itinéraire. Les adultes aiment enchaîner les villes. Les enfants, eux, ont besoin de s’installer. Chaque changement d’hébergement impose de refaire les sacs, de reprendre la route, d’apprivoiser un nouveau lit, et c’est souvent là que les nerfs lâchent.
Une règle simple fonctionne bien : moins d’étapes, trois nuits au minimum dans chaque lieu, et des trajets entre deux bases qui tiennent dans une demi-journée. Deux semaines se construisent alors autour de trois ou quatre points fixes, pas davantage. Le temps gagné sur la route se transforme en matinées sans réveil, en après-midi à la piscine, en balades improvisées dans le quartier.
Partir loin avec des enfants demande d’anticiper des détails qu’un voyageur seul oublie sans conséquence : un temps de trajet supportable pour un enfant de cinq ans, des étapes courtes, des hébergements adaptés, des pauses prévues avant que la fatigue ne s’installe. Pour un premier grand départ, se faire accompagner pour organiser un voyage en famille évite de construire un itinéraire pensé pour des adultes, puis de le découvrir trop tard, au troisième jour, dans une voiture de location surchauffée.
Autre point : gardez une journée tampon sans programme tous les quatre ou cinq jours. Elle absorbe un retard, un enfant grognon ou une envie soudaine de rester à la plage. Si rien ne cloche, elle devient souvent la journée préférée de tout le monde.
Partir de Besançon : gare TGV, aéroports et route
Besançon n’a pas d’aéroport à ses portes, mais la ville est bien placée pour rejoindre la grande vitesse ferroviaire et plusieurs plateformes aériennes. Ce premier trajet, celui qui mène au départ réel, mérite autant d’attention que la destination : c’est souvent le plus long de la journée.
La gare Besançon Franche-Comté TGV, premier maillon
La gare Besançon Franche-Comté TGV se trouve sur la commune des Auxons, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la ville, sur la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône ouverte fin 2011. Une navette TER la relie à la gare Viotte en une dizaine de minutes. De là partent notamment des TGV vers Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille, Montpellier, Nice et même Francfort.
Pour une famille, le train offre un avantage décisif : les enfants se lèvent, jouent, mangent à une tablette, et le trajet fait déjà partie du voyage. Pour rejoindre Viotte sans voiture avec les bagages, le tram dessert la gare. Le guide des transports Ginko à Besançon détaille les lignes et les arrêts utiles.

Les aéroports à portée depuis la région
Plusieurs aéroports restent accessibles depuis Besançon, chacun avec sa logique :
- Dole-Jura, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest, sur les communes de Tavaux et de Gevry : un petit aéroport aux liaisons limitées, en partie saisonnières, dont le programme change d’une année à l’autre
- Bâle-Mulhouse, l’aéroport binational implanté en territoire français autour de Saint-Louis, avec Mulhouse desservie en TGV depuis la gare Besançon Franche-Comté TGV
- Genève, dont l’aéroport dispose de sa propre gare ferroviaire sur le site
- Lyon-Saint-Exupéry, relié à sa gare TGV par une passerelle d’environ 250 mètres équipée d’un trottoir roulant
Selon l’heure du vol, calculez le trajet d’approche complet, correspondances comprises, avant de réserver. Avec de jeunes enfants, une nuit près de l’aéroport la veille d’un décollage matinal change souvent la tonalité du premier jour.
La voiture pour les destinations proches
Pour l’Italie du Nord, la Suisse ou une côte française, la voiture reste pratique avec des enfants en bas âge et beaucoup de matériel. Découpez alors la route en tronçons de deux heures environ, avec une vraie pause à chaque arrêt, et prévoyez une nuit étape si le trajet dépasse ce que vos enfants supportent d’habitude. Le test est simple : repensez à votre plus long trajet familial jusqu’ici, et ne le dépassez pas de beaucoup.
Faire des enfants les copilotes de la préparation
Un enfant qui a préparé son voyage le vit autrement. Il attend certains moments, reconnaît des lieux, accepte mieux les contraintes parce qu’il en comprend le sens. Cette implication commence plusieurs semaines avant le départ et demande peu d’effort :
- étaler une carte du monde au sol et tracer ensemble le trajet depuis Besançon
- confier à chacun le choix d’une activité, non négociable, dans le programme
- apprendre cinq mots de la langue locale : bonjour, merci, au revoir, s’il vous plaît, glace
- lire un album, regarder un documentaire ou cuisiner un plat du pays un soir de semaine
- préparer un carnet de voyage à remplir sur place avec des tickets, des dessins et des feuilles ramassées
Pour les plus grands, allez plus loin. Confiez-leur la préparation d’une journée entière, de l’activité jusqu’au lieu du pique-nique. Un adolescent responsable d’une journée la défend, et la réussit presque toujours.

Des hébergements pensés pour les familles
Le lieu où vous dormez pèse plus lourd que prévu dans la réussite du séjour. Un bel hôtel de centre-ville perd tout son charme quand deux enfants partagent un lit d’appoint et que les parents chuchotent dans le noir dès 20 heures.
Ce qui change vraiment le quotidien
- deux espaces séparés, pour que les adultes puissent veiller après le coucher des enfants
- une cuisine, ou au minimum un réfrigérateur, pour les petits-déjeuners et les goûters
- un extérieur (jardin, terrasse, cour) où les enfants se dépensent sans surveillance serrée
- un lit bébé fourni, demandé et confirmé par écrit avant l’arrivée
- une situation calme mais pas isolée, avec des commerces ou un restaurant à pied
Maison d’hôtes, appartement, petit hôtel familial, lodge ou riad : la catégorie compte moins que la configuration des chambres. Posez des questions précises avant de réserver, photos à l’appui.
Varier les ambiances sans multiplier les étapes
Alterner un hébergement en ville et un autre à la campagne ou au bord de l’eau donne du relief au voyage sans ajouter de changements. Une nuit insolite, sous une tente dans le désert, dans une cabane ou dans une ferme, marque souvent davantage les enfants que n’importe quel monument.
Boucler la valise familiale sans se surcharger
La valise familiale obéit à une règle : ce qui se trouve sur place s’achète sur place. Couches, crème solaire, biscuits, la plupart des pays en proposent. Réservez la place aux objets impossibles à remplacer, et choisissez des sacs que chacun peut porter.
Le sac qui ne quitte jamais les parents
- les documents de voyage et les réservations, sur papier et sur téléphone
- les médicaments habituels et une trousse de premiers soins
- une tenue de rechange par enfant, avec un sac pour le linge sale
- de l’eau, des en-cas et des lingettes
- le doudou, et si possible son jumeau caché au fond du sac
Occuper les trajets sans écran à volonté
Un sac d’activités par enfant, préparé en secret et ouvert seulement le jour du départ, crée un petit événement. Carnet de coloriage, jeu magnétique, livre neuf, pâte à modeler : les nouveautés tiennent bien plus longtemps que les jouets connus. Les écrans gardent leur place, en dernier recours plutôt qu’en premier réflexe.
Côté bagages, une grande valise commune et un petit sac à dos par enfant forment un bon compromis. Chacun porte ses affaires préférées, et les parents gardent une main libre dans les gares.

Garder des temps calmes dans chaque journée
Un programme dense épuise les enfants bien avant les parents, mais ils l’expriment autrement : pleurs, disputes, refus de marcher. La parade tient en une habitude, des temps calmes chaque jour.
Concrètement, organisez chaque journée autour d’un seul temps fort. Visite ou excursion le matin, à la fraîche. Retour à l’hébergement en début d’après-midi pour la sieste, un jeu ou une baignade. Sortie légère en fin de journée, quand la lumière baisse. Dans les pays chauds, ce rythme rejoint d’ailleurs celui des habitants.
Ces pauses profitent aussi aux adultes. Un voyage réussi avec des enfants ne ressemble pas à une course d’obstacles : il laisse le temps de regarder une rue, de rester une heure de plus au bord d’un lac, de laisser un enfant construire un barrage de galets. Ces moments sans programme deviennent souvent les souvenirs les plus racontés au retour.
Imprévus : les anticiper sans les redouter
Un premier grand voyage avec des enfants comporte forcément sa part d’imprévu. Une fièvre, un vol retardé, trois jours de pluie, une crise de fatigue au pire moment. L’objectif n’est pas de tout éviter, mais de garder des marges :
- une journée libre avant la rentrée, pour absorber un retard sans stress la veille de l’école
- les coordonnées de l’assurance et de l’assistance notées ailleurs que dans le téléphone
- un plan B pour les jours de pluie, repéré avant le départ : musée, marché couvert, piscine
- les réservations clés vérifiées la veille, surtout les transferts
- une répartition claire entre parents de qui gère quoi en cas de pépin
Côté santé et formalités, notamment les documents d’identité des mineurs, référez-vous à service-public.fr et aux Conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et consultez les recommandations officielles avant de partir.
Dernier réflexe : parlez des imprévus avec les enfants avant le départ. Un retard présenté à l’avance comme une aventure possible, avec dîner à l’aéroport et pyjama dans le sac, se vit bien mieux qu’une mauvaise surprise.
Tester le format près de Besançon avant le grand départ
Avant de traverser un continent, une répétition grandeur nature rassure tout le monde. Un week-end de deux nuits hors de la maison révèle vite ce qui coince : sommeil perturbé, trajet trop long, sac mal pensé, activité trop ambitieuse.
Le Doubs se prête bien à ces essais. Les sorties classées par temps de trajet autour de Besançon aident à caler un premier déplacement court, avec une grotte, un lac ou un village à la clé. Les randonnées autour de Besançon testent l’endurance des jambes et le poids du sac, tandis qu’une première sortie en canoë montre comment chacun réagit à une activité nouvelle. Pour les jours sans voiture, les activités à Besançon avec des enfants servent à rôder le rythme d’une journée active suivie d’une pause.

Notez ce qui a fonctionné, ce qui a lassé, ce qui a manqué. Ce petit bilan vaut toutes les listes toutes faites pour préparer le vrai départ.
Prochaine étape : une date, une envie, un trajet
Commencez par trois décisions seulement : la période de vacances visée, l’envie principale de chaque membre de la famille, et la durée de trajet que vos enfants peuvent supporter depuis Besançon. Le reste, destination précise, hébergements, activités, découle de ces trois réponses. Un voyage en famille réussi se prépare à partir de ceux qui partent, pas de la carte.
