Culture et loisirs

Journée internationale des droits des femmes : « VICTIME », un court-métrage sur les violences conjugales made in Franche-Comté

Voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ? C’est la question à laquelle se sont confrontés tous les militants qui combattent les violences conjugales en cette journée internationale des droits des femmes. Sur le principe, dédier une journée aux droits des femmes s’avère être une idée inspirante : c’est admettre que ces derniers sont souvent bafoués et qu’ils nécessitent une protection particulière. Mais c’est aussi reléguer la protection des droits des femmes à une unique journée dans l’année alors qu’il s’agit d’une lutte permanente de tous les instants.


Pauline Graf
Le 8 mars 2022 à 18h17

Quoi qu’il en soit, cette journée est l’occasion de mettre en lumière des projets audacieux et féministes dénonçant des sujets trop souvent passés sous silence. C’est ce qu’a réalisé le vésulien Théophile Impoko dans son premier court-métrage VICTIME sorti il y a quelques jours, dans lequel il dénonce la souffrance et les séquelles engendrées par les violences intraconjugales sur les enfants.  

Alerter et sensibiliser pour mettre le spectateur devant ses responsabilités

Ce sont les objectifs que s’est fixé Théophile en tournant ce court métrage né d’un appel à projet lancé par la Caisse d’Allocation familiale de Haute-Saône et soutenu par la mission Locale de Vesoul.

Comment sensibiliser les spectateurs ? En racontant, à travers les souvenirs d’un enfant, l’enfer des violences entre deux parents et les conséquences indélébiles qui le marqueront à jamais et le poursuivront dans sa vie d’adulte. Dénoncer crûment et sans fioritures les violences conjugales, c’est ce que le réalisateur s’est attaché à faire dans son court métrage.

Une issue tragique

Tout commence avec des gyrophares, des sirènes de police, un homme menotté escorté jusqu’au fourgon par deux gardiens de la paix. Dès le début du film, le réalisateur annonce la couleur : comme souvent avec les violences conjugales, l’histoire se finit mal.

Grâce aux différents flash-back habilement maniés, le spectateur peut efficacement prendre conscience de l’engrenage tragique dans lequel s’est retrouvée piégée une mère aimante tout en étant confrontée au malêtre d’un enfant impuissant face à ce déferlement de violences.

Un film qui retranscrit la réalité

Malheureusement inspiré de faits réels, dont l’issue tragique s’avère bien trop fréquente, ce court métrage a le mérite de dénoncer sans fioriture la réalité que l’on ignore souvent : tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son mari ou ex-conjoint violent. Aujourd’hui, déjà 11 féminicides ont été commis depuis le 1er janvier 2022, la plupart du temps sur des femmes qui avaient déjà sollicité, sans succès, l’aide de la justice et de la police.

Un projet prometteur qui a le mérite de dénoncer un constat tragique : les violences conjugales engendrent plus de victimes que l’on ne croit !

VICTIME, un court-métrage made in Franche-Comté et réalisé par Théophile Impoko. Il est à retrouver sur YouTube.



Pauline Graf